Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le masque d’un gardien de but de la LNH est non seulement la seule chose qui sépare sa tête d’un lancer frappé pouvant atteindre 160 km/h, c’est aussi le terrain de jeu de Sylvie Marsolais.

L’artiste montréalaise manie l’aérographe avec dextérité et est l’une des rares à peindre les masques des meilleurs gardiens de la ligue — chacun d’entre eux est unique et sert à exprimer la personnalité du gardien et son attachement à son équipe.

Récemment, Marsolais a peint le masque de Reto Berra, le gardien des Panthers de la Floride. Elle a peint des palmiers sur un fond rouge, or et noir rappelant les couleurs de l’équipe. Un surfeur chevauche une vague sur un côté du masque, alors qu’une panthère très réaliste occupe l’autre. Les logos de l’équipe occupent la majeure partie du dessus, tandis que la coquille située à l’arrière est ornée des initiales de chacun des membres de la famille Berra.

Marsolais, qui est âgée de 38 ans, a confié que chaque gardien obtient une oeuvre personnalisée et qu’aucune n’est identique.

«Il n’y a pas de production et aucune reproduction, c’est de la pure créativité de A à Z», a évoqué l’artiste rencontrée dans son atelier de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, tandis qu’elle applique de la peinture rouge sur un masque avec des mouvements fluides avant de s’arrêter pour vérifier le dessin en face d’elle.

Marsolais, qui dirige ‘Sylabrush Airbrush’ avec son partenaire Alexandre Mathys, dit que certains gardiens l’approchent en sachant exactement ce qu’ils veulent, alors que d’autres lui donnent carrément carte blanche.

Les logos des équipes et les murs de briques sont des motifs populaires, mais les gardiens aiment aussi appliquer les visages de membres de leur famille, des symboles religieux ou encore des personnages de jeux vidéo.

Pour les logos et les dessins imposants, elle utilise des pochoirs de vinyle qui sont collés attentivement avant d’être retirés à l’aide d’un exacto. Pour les oeuvres plus détaillées, comme des visages, elle le fait à la main.

Chaque masque prend de 15 à 40 heures à être confectionné et coûte de 600 $ à plus du double de ce montant.

La confection de masques de gardien personnalisés est un marché très compétitif, et de nombreux artistes tentent de se démarquer en utilisant des techniques innovatrices ou des effets spéciaux.

L’artiste albertain Jason Bartziokas confie d’ailleurs que le domaine est présentement saturé, ce qui signifie que ses collègues et lui doivent souvent obtenir des contrats grâce à des relations qu’ils ont tissées avec les gardiens ou encore un des responsables de l’équipement. Plusieurs artistes ont commencé leur carrière en peignant les masques de joueurs dans les rangs juniors, en espérant qu’ils leur fassent confiance une fois qu’ils auront atteint les circuits majeurs.

Bartziokas et Marsolais sont eux-mêmes gardiens de but, ce qui expliquerait selon eux leurs succès dans ce milieu.

Et les deux éprouvent beaucoup de difficulté à répondre lorsqu’on leur demande de choisir leur oeuvre favorite, notamment à cause du temps et de l’énergie investis dans chacune d’elle.

«Le dernier que je viens de faire est toujours mon favori», lâche finalement Marsolais.

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