Dougal Brownlie Dougal Brownlie / The Associated Press

MONTRÉAL — Même le plus sérieux des étudiants en médecine peut être dérangé à l’occasion. Comme lorsqu’il signe un contrat de plus de 40 millions de dollars américains, par exemple.

«C’est difficile en ce moment, mais je vais assurément poursuivre l’objectif que je m’étais fixé quand j’ai été repêché dans la NFL, c’est-à-dire de fouler le terrain en étant médecin, a expliqué le Montréalais Laurent Duvernay-Tardif, radieux au moment de rencontrer les médias dans la boulangerie familiale, à Montréal.

«Ça va me motiver à retourner à l’école (mercredi) matin et de reprendre le train-train de l’apprentissage, qui est aussi extrêmement passionnant. Au contraire, ça va m’aider à rester terre-à-terre, à rester moi-même, puis à continuer ce que je faisais avec autant de passion voilà une semaine.»

L’étudiant de l’Université McGill et garde à droite des Chiefs de Kansas City vient de parapher une prolongation de contrat de cinq ans, évaluée à 41,25 millions $ US par plusieurs médias américains, et dont 20 millions $ seraient garantis avec la formation de la NFL.

Un peu surpris, voire secoué, de toucher une pareille somme, le Montréalais de 26 ans ne compte pas faire d’extravagance. Il a opté pour un vol en classe économique avec escale à Atlanta pour rentrer à Montréal en compagnie de son agent et ami, Sasha Ghamevi, lundi. Il souligne plutôt que cette manne pourra servir à mener à bien plusieurs projets qu’il caresse.

Le clan Duvernay-Tardif, dont le premier contrat avec les Chiefs était encore valide pour une année, a relancé les Chiefs au sujet de cette prolongation de contrat. Quand l’équipe a démontré son intérêt, trouver la durée et le montant satisfaisants pour les deux parties n’a pas été difficile à faire.

«Nous avons juste tâté le terrain pour voir s’ils étaient intéressés. Ils ont dit oui. À partir de là, ça a été très rapidement, a souligné Ghamevi. On aurait pu obtenir plus, mais on aurait aussi pu obtenir beaucoup moins. Laurent voulait rester avec les Chiefs. Entre les chiffres qui sont avancés pour le contrat de Laurent et 10-11 millions $ par saison, est-ce que ça vaut vraiment la peine de risquer une blessure l’an prochain? Je me ferais alors dire qu’il ne sera peut-être plus jamais le même joueur et qu’on ne me peut me donner que X montant et moi, je perdrai mon job. (…) Il fallait saisir l’opportunité.»

Colosse de six pieds cinq, 321 livres, Duvernay-Tardif a disputé 30 rencontres, dont 27 comme partant, au cours des deux dernières campagnes. Il lui restait toujours une année à son premier contrat, après quoi, il aurait pu profiter de l’autonomie complète. Le fait que les Chiefs acceptent maintenant de le renégocier démontre à quel point ils tiennent à lui.

«C’est vraiment une belle marque de reconnaissance, de confiance de la part des Chiefs, qui m’ont donné un contrat sans avoir à le faire, a-t-il indiqué. C’est un moment dont je vais me rappeler, au même titre que le repêchage, le Pro Day à Montréal, le Shrine Game ou de mon dernier match à McGill.»

Ce contrat lui consent également le quatrième plus haut salaire parmi les gardes du circuit, une autre belle marque de reconnaissance de la part de la formation du Missouri.

Ne restera plus qu’à Duvernay-Tardif et à la faculté de médecine de l’Université McGill à s’entendre sur les termes de sa résidence une fois son diplôme obtenu, en 2018. Une chose est certaine: Duvernay-Tardif a toujours eu pour objectif de fouler les terrains de la NFL avec son diplôme en poche. Il ne compte pas y déroger et les Chiefs sont très à l’aise avec cela.

«Je me rappelle lors des visites avant le repêchage, chez les Chiefs, l’entraîneur-chef Andy Reid m’avait tout de suite dit à quel point le fait de poursuivre mes études en médecine était un atout pour lui. Ça n’a vraiment pas été la réaction de tous les entraîneurs des autres équipes que j’ai visitées. On questionnait mon désir de jouer au football, on se demandait si j’allais y mettre toutes mes énergies. Dès le début, je pense que Coach Reid a perçu que ce pouvait être un atout pour l’équipe d’avoir quelqu’un avec une tête sur les épaules et que malgré le fait que je n’avais pas tous les éléments techniques et la compréhension du jeu du football américain, il a vu en moi un potentiel d’apprentissage.»

Parions que quelques clubs s’en mordent les pouces aujourd’hui.

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