QUÉBEC — Rencontré quelques minutes après la spectaculaire victoire d’Alex Harvey au sprint style libre vendredi après-midi, son père Pierre Harvey peinait à retenir ses larmes de joie.

«Après une victoire comme celle-là, c’est toujours émotif, a-t-il reconnu, la voix teintée d’une fierté inébranlable. La première fois qu’Alex a gagné une Coupe du monde, en Suède, j’étais là. Ce n’est pas aussi émotif aujourd’hui, parce qu’à l’époque on ignorait s’il avait les capacités pour y parvenir, mais là c’en est rendu une habitude.»

Interrogé à savoir si la victoire de son fils, devant les siens, était aussi importante que celle enregistrée au 50 km style classique aux Championnats du monde de Lahti, en Finlande, au début du mois de mars, Pierre Harvey n’a pas hésité une seconde.

«Non! Mais Alex n’est pas habitué de gagner au sprint, a-t-il rappelé. En termes de performance, oui, ça m’a impressionné, mais (sa victoire) au 50 km aux Mondiaux demeure sa plus grande en carrière. La seule chose qui pourrait surpasser ça, ce serait celle aux Jeux olympiques.»

Pierre Harvey, qui a lui-même participé à trois Jeux olympiques en carrière, a tout de même pris le temps de féliciter son fils dans la zone d’arrivée, après qu’il eut joué de la guitare avec ses skis en guise de célébration.

«Je lui ai dit: ‘Câline que tu es bon! Mais là, arrête d’en mettre’», s’est-il esclaffé.

L’homme de 59 ans, qui n’a remporté qu’une seule épreuve sur le circuit de la Coupe du monde de ski de fond en carrière — le 30 km de Falun, en Suède, le 7 mars 1987 —, s’est dit impressionné par le spectacle qu’a offert son fils vendredi, des qualifications jusqu’à la finale. Il s’est aussi risqué à émettre une prédiction pour le départ de masse de 15 km auquel Harvey participera samedi.

«Je crois qu’il va adopter une approche conservatrice, car il devra se garder de l’énergie pour la poursuite de dimanche. Il préfèrera probalement avoir un ou deux lièvres devant lui», a-t-il mentionné.

«Je ‘peak’ davantage qu’aux Championnats du monde»

L’entraîneur de Harvey, Louis Bouchard, avait probablement l’un des meilleurs sièges sur le circuit afin d’assister à la victoire de son protégé. Il était confortablement installé dans la dernière courbe avant la ligne droite menant au fil d’arrivée, c’est-à-dire à l’endroit même où le duel entre Krogh et Harvey s’est joué.

«Ça m’a surpris, parce que habituellement Alex part toujours un petit peu vers l’arrière avant de remonter au moment où ses adversaires commencent à se fatiguer, a-t-il expliqué. C’est souvent du travail tactique dans son cas. Dans ce cas-ci, aujourd’hui, il se sentait tellement en forme qu’il a dominé l’épreuve d’un bout à l’autre. Sa forme est superbe.»

D’ailleurs, selon Bouchard, une seule chose pourrait présentement l’empêcher de poursuivre sur sa lancée ce week-end.

«C’est la maladie, un virus, a-t-il dit. Il est vraiment dans un ‘peak’ de performance en ce moment, et il doit en profiter.

«D’ailleurs, tantôt il m’a dit: ‘Je pense que je ‘peak’ davantage qu’aux Championnats du monde’, a raconté Bouchard à propos du fondeur de 28 ans. Je lui ai répondu: ‘Excuse-moi, je pense que nous avons manqué notre coup d’une semaine. Je vais me reprendre pour les Jeux olympiques l’an prochain.’»

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