TORONTO — Imaginez que les Blackhawks de Chicago donnent congé à Patrick Kane, Jonathan Toews et Duncan Keith le même soir. Ou que les Penguins de Pittsburgh fassent la même chose avec Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Phil Kessel.

Si le phénomène qui a récemment gagné la NBA atteint la LNH, ça pourrait bien se produire.

«Jamais. Jamais», a déclaré le centre des Maple Leafs de Toronto Nazem Kadri quand on lui a posé la question. Il ajoute toutefois un léger bémol.

«Peut-être si vous occupez la première place par une marge insurmontable et que c’est le dernier match de la saison, à l’étranger. Peut-être qu’à ce moment-là, vous donnez congé à un gars. Mais jamais pour plusieurs rencontres. (…) Si un joueur est en santé, il joue.»

Ce n’est pas le cas dans la NBA, où les entraîneurs donnent de plus en plus de soirées de congé à leurs vedettes afin de gérer l’éreintant calendrier de 82 matchs, jugé trop long par certains. Au cours d’un récent duel entre deux des meilleures équipes du circuit — les Warriors de Golden State et les Spurs de San Antonio — un samedi soir, toutes les vedettes ont été confinées au banc, y compris le double vainqueur du titre de joueur par excellence Steph Curry et le joueur par excellence de la finale Kawhi Leonard.

Que le premier rang de l’Association Ouest soit à l’enjeu n’a rien changé au plan des entraîneurs, ni le fait que le match soit présenté à la télévision nationale. Une semaine plus tard, les Cavaliers de Cleveland ont confiné au banc LeBron James, Kyrie Irving et Kevin Love pour un match contre les Clippers de Los Angeles.

La NBA est si inquiète de cette tendance que son commissaire, Adam Silver, a envoyé un mémo au Bureau des gouverneurs du circuit dans lequel il dit que la situation est «extrêmement préoccupante» et qu’elle est «dommageable pour notre sport».

Le concept n’a pas encore atteint la LNH, mais son commissaire adjoint, Bill Daly, a indiqué par courriel que «évidemment, ce serait inquiétant» si cette tendance gagnait le circuit.

«Vous savez, le basketball n’est peut-être pas le meilleur exemple, parce que les clubs comptent beaucoup sur l’effort individuel, a noté le capitaine du Canadien de Montréal, Max Pacioretty. LeBron peut jouer toute la rencontre parfois et il a pris un club de dernière place pour le mener au championnat. C’est un sport complètement différent, où le repos peut avoir une plus grande valeur que dans tout autre sport.

«Je pense qu’au hockey, c’est différent et que les joueurs ne voudraient pas le faire, a ajouté Pacioretty. Les gars sont si têtus qu’ils argumenteraient si on le leur demandait. Du moins, c’est de cette façon que je vois ça.»

Pacioretty dit qu’il tenterait de refuser si le CH lui demandait de sauter un tour pour se reposer. Des joueurs de la NBA sont d’accord avec lui: James Harden, des Rockets de Houston, a dit cette semaine qu’il «ne veut que jouer» et qu’il se reposera «quand j’aurai fini».

C’est peut-être la plus grande parité qui prévaut dans la LNH qui empêche le phénomène de prendre forme. Les clubs au sommet ne prendront pas la chance d’échapper deux points pour reposer leurs vedettes, même si cela aiderait ceux-ci à long terme. Chaque point compte dans la LNH, tandis que dans la NBA, les équipes de tête, comme les Warriors, les Cavaliers et les Spurs, sont moins affectées par quelques points de classement de moins.

«C’est si serré que vous voulez profiter de chaque avantage que vous avez, a indiqué le gardien des Maple Leafs de Toronto Frederik Andersen. Au basket, vous pouvez parfois reposer votre meilleur joueur et battre certains clubs.»

La NBA n’a toujours pas trouvé un moyen d’enrayer cette pratique et certains entraîneurs, comme Gregg Popovich chez les Spurs, ont déclaré que leur approche, malgré l’avertissement de Silver, demeurerait la même. Dans la LNH, il est bon de souligner que le circuit a suspendu par le passé des joueurs comme Toews et Alexander Ovechkin, qui avaient raté le match de étoiles pour profiter de quelques jours de repos.

«Je n’y avais jamais pensé, a indiqué Pacioretty. Mais ce serait intéressant de voir, si les équipes commencent à le faire, de quelle façon les gens réagiraient.»

Bill Beacon, du bureau de Montréal, a participé à la rédaction de cet article.

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