MONTRÉAL — Oscar Rivas n’a pas paru trop rouillé malgré l’inactivité. Le poids lourd de Groupe Yvon Michel a terrassé Carl Davis Drumond dès le premier assaut pour s’emparer de la ceinture de la North American Boxing Federation (NABF).

Rivas (21-0, 16 K.-O.) s’est lancé à la poursuite de Drumond (31-5, 25 K.-O.) dès les premières secondes du combat. Le Costaricain n’a pas eu le temps de placer un seul coup.

Après seulement 68 secondes, Drumond s’est retrouvé au tapis, après avoir essuyé une combinaison dont les coups ont tous atteint proprement la cible.

Debout au compte de huit, Drumond n’avait de toute évidence pas retrouvé ses esprits et n’a pas été en mesure de suivre les consignes de l’arbitre Steve St-Germain, qui a stoppé le combat, avec raison.

«C’est drôle, parce que quand je suis grimpé dans le ring, son entraîneur (Marc Ramsay) était en train de l’engueuler parce qu’il n’a pas boxé assez longtemps», a raconté Yvon Michel après le combat.

«C’est pour ça que j’ai travaillé très fort au cours des derniers mois, s’est défendu Rivas. Ça fait 14 mois que je suis à l’extérieur du ring. C’est la revanche de ‘Kaboom’».

«Je lui avais mentionné avant le combat qu’on allait lui faire mal au fur et à mesure que le combat allait avancer et que je ne voulais pas qu’il se lance d’une façon exagérée en offensive, puisque c’était son premier combat de 12 rounds, a précisé Ramsay. Mais ça faisait plus d’un an qu’il n’avait pas boxé; je peux lui pardonner ça!»

Rivas croyait pouvoir signer cette victoire avant la fin, mais il avait estimé qu’il passerait le coup fatal à son adversaire autour du quatrième round.

«J’affrontais un adversaire qui s’était battu en championnat du monde, qui avait fait plein de choses dans la boxe, alors je m’attendais à plus, a-t-il admis. Mais je n’ai rien à redire sur cette victoire.»

Rivas, médaillé d’argent des Jeux panaméricains de 2007 et participant aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008, ne s’était pas battu au cours des 14 mois, en raison de blessures et du désistement de quelques adversaires. Pour lui, cette ceinture vient confirmer qu’il a fait le bon choix en s’exilant à Montréal en compagnie de son compatriote Eleider Alvarez.

«Ça fait huit ans que je suis ici et je peux dire que oui, cette ceinture m’a montré que j’ai fait le bon choix, que je suis capable de faire bien des affaires», a-t-il indiqué.

Drumond, qui est âgé de 42 ans, venait quant à lui d’inscrire deux victoires faciles au premier round, en août et décembre 2016, contre des adversaires de deuxième ordre. Celui qui s’était incliné en combat de championnat du monde de la World Boxing Association face à Ruslan Chagaev en 2009 n’était clairement pas prêt pour cette tempête.

Grâce à cette victoire, le nom de Rivas devrait maintenant se retrouver au sein des 15 premiers aspirants au titre du World Boxing Council (WBC), détenu par Deontay Wilder.

«Si nous recevions une offre demain matin — je sais que ça ne se produira pas — pour un combat contre Wilder ou Anthony Joshua, nous l’accepterions», a déclaré avec confiance Michel.

«En raison de son âge et de son historique de blessures, nous irions en championnat du monde, a renchéri Ramsay. Nous avons toujours des choses à travailler, mais nous sommes tout de même prêts.»

Beaucoup d’émotions

De remonter dans le ring après une si longue inactivité a fait vivre beaucoup d’émotions à Rivas.

«Avant un combat, on ne sait jamais quelle émotion va nous habiter, a-t-il raconté. Mais aujourd’hui, c’était un tourbillon. Nous avons dû travailler avec Marc pour me calmer avant de sortir du vestiaire.»

«On a beau faire les préparatifs qu’on veut, la compétition, c’est toujours quelque chose de différent, a expliqué Ramsay. En plus, ça fait longtemps qu’il ronge son frein. C’était émotif un peu, mais rien d’exagéré.»

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