Peter Dejong Peter Dejong / The Associated Press

LAUSANNE, Suisse — Les athlètes russes seront autorisés à monter sur le podium aux Jeux olympiques d’hiver, mais sans leur hymne national, ni leur drapeau qui flotte au-dessus d’eux.

Le Comité international olympique (CIO) a exclu la Russie et ses leaders sportifs des prochains JO en Corée du Sud après que son enquêteur en chef ait conclu que les membres du gouvernement russe avaient mis en place un programme de dopage aux Jeux de Sotchi de 2014 qui «a causé des dommages sans précédent à l’Olympisme et au sport».

Le Comité olympique russe ou tout membre du ministère des Sports ne seront pas les bienvenus à Pyeongchang l’année prochaine, puisque selon les conclusions des enquêteurs, ils sont les grands responsables d’un plan de «manipulation et de tricherie» pour assurer le succès des athlètes russes aux Jeux olympiques présentés chez eux.

La sanction du CIO permet à de nombreux athlètes russes de concourir sous le nom d’«Athlète olympique de Russie» ou OAR. Ils devront toutefois se soumettre à des contrôles de dépistage pour prouver qu’ils étaient propres et n’ont pas bénéficié du programme de Sotchi.

S’ils gagnent, le drapeau olympique sera levé et l’hymne olympique joué pour honorer leur victoire. Cela dit, si le président russe Vladimir Poutine leur permet d’aller aux jeux du 9 au 25 février. Il a déjà déclaré qu’il serait humiliant pour la Russie de concourir sans ses symboles nationaux.

«Un boycott olympique n’a jamais rien eu de positif, a déclaré le président du CIO, Thomas Bach, lors d’une conférence de presse. Deuxièmement, je ne vois aucune raison pour un boycott des athlètes russes parce que nous permettons aux athlètes propres d’y participer.»

Alexander Zhukov, le président du Comité olympique russe qui a également été suspendu comme membre du CIO, a déclaré aux journalistes de la télévision à Lausanne que l’un des éléments clés était de préserver le nom «Russie» dans le nom de l’équipe.

«Ils seront désignés athlètes russes et… c’est très important», a déclaré Zhukov.

S’il s’agit d’une victoire d’avoir le mot «Russie» dans le nom de l’équipe et d’inviter des athlètes russes à concourir, elle a un coût.

Le CIO a également suspendu le Comité olympique russe au moins jusqu’à la cérémonie de clôture des Jeux de Pyeongchang.

Dans l’embarras pour l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie, le CIO a également banni à vie des Jeux olympiques le vice-premier ministre russe Vitali Moutko.

Moutko dirige le comité organisateur de la prochaine Coupe du monde de football. En tant que ministre des Sports en 2014, il a été largement impliqué dans le scandale de dopage de Sotchi, selon deux commissions du CIO et une enquête de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

«La commission exécutive du CIO a très clairement établi la responsabilité de M. Moutko», a déclaré Bach, qui n’a pas souhaité savoir si la FIFA souhaitait continuer à travailler avec un dirigeant qui est également président de la Fédération russe de football.

Au palais du Kremlin, le 1er décembre, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec Moutko que la décision du CIO n’aurait aucune incidence sur la Coupe du monde. Le même message a été répété, mardi, par la FIFA dans un communiqué.

Le CIO a également imposé une amende de 15 millions $ US au Comité olympique russe pour couvrir les frais encourus par le CIO pour mener ses enquêtes et contribuera à la mise sur pied de l’Autorité de contrôle indépendante (ACI).

Ces sanctions pourraient maintenant être contestées devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

C’est la première fois dans l’histoire de l’olympisme que le comité d’un pays est exclu dans son ensemble pour une édition des Jeux. Pour les Jeux de Rio de Janeiro en 2016, le CIO avait laissé le choix aux différentes fédérations d’exclure ou non les athlètes russes et seule la Fédération internationale d’athlètisme avait pris cette décision radicale.

En date de lundi, 25 athlètes russes ont été disqualifiés des Jeux de Sotchi et exclus à vie des Jeux olympiques. Onze médaillés ont perdu leur breloque. Un athlète russe a été blanchi.

La Russie n’occupe plus le sommet du classement des médailles des Jeux de Sotchi. Les athlètes exclus ont déclaré qu’ils feraient appel au TAS, à Lausanne.

Le pays a nié à plusieurs reprises l’existence d’un programme de dopage parrainé par l’État. Elle blâme plutôt Grigory Rodchenkov, l’ancien directeur des laboratoires antidopage de Moscou et Sotchi, et demande l’extradition du scientifique des États-Unis, où il est un témoin protégé.

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