Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

LAVAL, Qc — La vitesse tue. C’est ce qu’Yves Ulysse a déclaré à la conférence de presse de jeudi. Samedi soir, il a répondu de brillante façon à ceux qui doutaient à la suite de sa défaite — contestable, il est vrai — face à Steve Claggett, en servant une leçon de boxe à Cletus Seldin.

Ulysse (15-1, 9 K.-O.) a outrageusement dominé cet affrontement, ne laissant aucune chance à Seldin (21-1, 17 K.-O.), signant une victoire par décision unanime à sens unique, 99-88 de la part des trois juges.

Jamais Seldin a eu l’occasion d’utiliser son puissant crochet de droite, qui lui a valu le surnom de «Marteau hébraïque». C’est le cas de le dire, le marteau a perdu la tête et la face dans ce combat.

Le super léger québécois a envoyé le New-Yorkais au tapis trois fois dans les trois premiers rounds, toujours avec des coups en puissance en contre-attaque.

Sans douter de la force de frappe de Seldin — ses 17 K.-O. sont là pour le prouver —, on peut douter de la vitesse de ses 21 adversaires précédents: les journalistes couvrant le gala estiment qu’Ulysse n’a pas reçu 20 coups francs en 10 rounds.

Ulysse a fait mal paraître Seldin du premier au dernier round, en ne tombant jamais dans le piège d’échanger avec celui qui se voulait un peu le favori de HBO. Ulysse s’est servi de sa vitesse pour décontenancer Seldin. Ce dernier a perdu patience tôt dans ce duel. Mentalement, il a perdu ce combat bien avant que les pointages ne soient divulgués.

Pour Ulysse, il s’agit de tout un énoncé après avoir subi sa première défaite en carrière. Il a par ailleurs prouvé à HBO que le réseau a eu raison de lui donner une chance après une performance en demi-teintes.

Germain soulève la foule

Comme il en a l’habitude, Mathieu Germain (12-0, 6 K.-O.) a de nouveau été électrisant sur le ring et il a livré le meilleur des combats préliminaires. Face à un adversaire coriace au menton d’acier en Juan Garcia Mendez (19-4-2, 12 K.-O.), le super léger montréalais a donné tout un spectacle.

Germain a encore une fois remporté tous les rounds de son affrontement, se permettant même de jouer avec le Mexicain en plusieurs occasions. Mais Germain a aussi gagné avec ses poings: que ce soit avec ses jabs incisifs, ses directs ou ses crochets percutants, Garcia Mendez a payé le prix, au corps comme à la tête.

Une ceinture pour Clayton

Custio Clayton (13-0, 9 K.-O.) l’a finalement sa ceinture. Après avoir quitté Groupe Yvon Michel parce qu’il estimait que sa carrière ne progressait pas assez rapidement, le mi-moyen s’est retrouvé chez Eye of the Tiger management et à son premier combat, il a affronté l’Argentin Cristian Rafael Coria (27-6-2, 11 K.-O.) pour le titre WBO international.

Méthodique et chirurgical, le boxeur de la Nouvelle-Écosse, maintenant établi à Montréal, a servi une leçon de boxe à son adversaire. Coria a bien tenté de riposter — il a notamment «explosé» le nez de Clayton à l’aide d’un bon direct au septième —, mais il a été déclassé par le 15e aspirant de la World Boxing Organization.

Déjà en complet contrôle, Clayton a envoyé Coria au tapis une première fois au neuvième. Une belle combinaison de crochets à la tête a eu le même effet au dernier round. Coria a bien tenté de montrer un peu de vigueur après le compte de huit, mais c’était trop peu, trop tard. Les trois juges ont remis des cartes de 100-88.

De son côté, Batyr Jukembayev (11-0, 9 K.-O.) a beaucoup appris dans son affrontement face au pugnace Wilberth Lopez (20-9, 14 K.-O.). Le protégé de Stéphan Larouche lui a envoyé toutes les bombes de son arsenal, sans que l’Américain ne bronche.

Au troisième notamment, Jukembayev a touché son adversaire de six crochets consécutifs, tous des coups qui ont fait reculer Lopez. Idem au cinquième, alors que le Montréalais d’origine kazakhe a atteint son adversaire d’au moins une trentaine de coups en puissance, des deux mains.

De lancer tous ces coups a toutefois un prix, et dans les deux derniers rounds, Lopez a alors connu ses meilleurs moments, plaçant plusieurs bons coups à la tête du favori local, forcé d’accrocher en quelques occasions.

Au final, les trois juges ont remis des cartes identiques de 80-72.

Clavel réussit sa rentrée

Nerveuse avant d’entreprendre ses débuts professionnels — la Montréalaise n’a pas fermé l’oeil de la nuit — Kim Clavel (1-0, ) K.-O.) a offert une belle performance face à la Mexicaine Yoseline Martinez Jose (3-3, 0 K.-O.). Les deux mi-mouches se sont livrées quatre rounds excitants. Clavel, qui devra resserrer sa défense, a signé une victoire par décision unanime, les juges remettant des pointages de 40-36 (deux fois) et 39-37.

Dans l’autre combat féminin de la soirée, la double médaillée d’or olympique Nicola Adams (3-0, 1 K.-O.) a poursuivi son excellent début de carrière chez les professionnelles. La «Lionne du Yorkshire» a triomphé de la poids mouche de l’Uruguay Soledad Macedo (13-14-1, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre Steve St-Germain, à 1:26 du troisième round.

Butler solide

Steven Butler (21-1-1, 18 K.-O.) a offert une solide prestation face au vétéran Lanardo Tyner (32-12-2, 20 K.-O.), qu’il a terrassé dès le deuxième round. Butler a livré un combat sans tâche et a surpris Tyner d’un solide uppercut de la droite. Tenant encore debout simplement par d’inexplicables lois de la physique, il eut été préférable que Tyner tombe après ce premier coup, puisque Butler a eu le temps de placer un autre uppercut, qui a achevé le boxeur de 42 ans après 2:26 d’action.

Combat facile pour Kean

Le poids lourd de Trois-Rivières Simon Kean (12-0, 11 K.-O.) a lancé les hostilités de ce gala chargé en prenant la mesure de l’Américain Mike Sheppard (25-22-2, 11 K.-O.) après 39 secondes au deuxième round. Un direct de la droite a envoyé Sheppard au tapis pour une deuxième fois dans cet affrontement. Kean n’a jamais été testé dans ce duel.

Immédiatement après, le super plus américain Ryan Garcia (13-0, 12 K.-O.) a stoppé le Mexicain Noe Martinez (23-10-2, 10 K.-O.) quand l’arbitre Alain Villeneuve a mis fin aux échanges après 1:45 du huitième assaut. Martinez a courageusement encaissé la pluie de coups que lui a fait subir Garcia tout au long de l’affrontement, mais le huitième round a été difficile. Martinez a d’abord mis un genou au sol après une percutante combinaison à la tête. Il a plus tard encaissé un solide crochet de gauche au foie, qui a laissé des traces. Quelques secondes plus tard, alors que Garcia le travaillait au visage, Villeneuve s’est sagement interposé.

Avant que ne soit lancée la soirée sur HBO, un Vincent Thibault (2-0, 1 K.-O.) amélioré est venu prendre la mesure d’Adrian Haro Campos (2-5-2, 0 K.-O.). Après avoir fait preuve d’un style spectaculaire, mais échevelé à sa première sortie, le super moyen de Québec avait une bien meilleure défensive et a signé une victoire par décision unanime, obtenant 40-36 de la part des trois juges.

Finalement, en demi-finale, l’Irlandais Gary O’Sullivan (27-2, 19 K.-O.) a terrassé l’Américain Antoine Douglas (22-2-1, 16 K.-O.) au septième round pour mettre la main sur le titre WBO intercontinental des moyens. Voilà un boxeur que le vainqueur du combat principal pourrait retrouver bientôt sur sa route.

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