MONTRÉAL — Cinq jours plus tard, Laurent Duvernay-Tardif n’a toujours pas digéré la défaite de 22-21 des Chiefs de Kansas City aux mains des Titans du Tennessee, samedi dernier.

Tout allait pourtant bien: l’équipe exécutait à merveille et s’était forgé une avance de 21-3 après 30 minutes de jeu.

«En deuxième demie, le vent a tourné, a expliqué le Québécois, qui a rencontré les journalistes dans la boulangerie familiale, rue de Castelnau, à Montréal. Certaines décisions des arbitres ont été un peu discutables aussi. Ça a été difficile à avaler. C’est encore difficile. Toute l’équipe se voyait aller plus loin. (…) Ça va prendre du temps avant de passer par-dessus cette défaite-là.»

Ce n’est pas le seul moment difficile qu’a connu Duvernay-Tardif au cours de cette saison. Le joueur de ligne offensive a subi une première blessure sérieuse chez les professionnels, une déchirure du ligament collatéral interne qui lui a fait rater quatre rencontres.

«C’était ma première blessure et — je touche du bois — j’espère ma dernière. Ce n’est pas facile de se blesser dans la NFL. C’est une chose de guérir physiquement d’une blessure, mais ensuite, il faut guérir psychologiquement. Il faut faire confiance à sa jambe, à son genou. Ça m’a pris deux ou trois semaines avant d’être efficace, de jouer à mon plein potentiel.»

L’étudiant en médecine de l’Université McGill — on pourra officiellement l’appeler «Docteur» en mai — a par contre été impressionné par la qualité des soins reçus.

«La quantité de professionnels qui sont là pour maximiser ta guérison, c’est incroyable. Ce qui doit durer six semaines en prend quatre, car tu as tout pour optimiser ta guérison.»

Changements à prévoir?

Par ailleurs, le revers de samedi pourrait bien marquer le début d’une période de transition chez les Chiefs. Le vétéran quart Alex Smith pourrait notamment avoir disputé son dernier match avec l’équipe.

Si c’est le cas, Duvernay-Tardif estime que la période d’apprentissage du substitut Patrick Mahomes ne devrait pas être trop chaotique.

«Il a du talent, a-t-il souligné. On l’a vu en matchs préparatoires: il est capable de sortir de la zone de protection et de lancer des passes, de convertir un long troisième essai. Ça en dit long sur ses capacités athlétiques et la force de son bras.

«De mon point de vue, je pense qu’il reste du travail à faire au niveau des appels de jeux et sur la reconnaissance des défenses adverses, afin qu’il nous donne de meilleures infos pour que nous puissions en retour mieux le protéger. C’est là-dessus qu’il travaille présentement. Il n’y a pas de doute que ce sera un grand quart-arrière pour les Chiefs. La question est de savoir quand. (…) Je pense que ce serait une transition subtile.»

Par contre, Duvernay-Tardif n’entrevoit pas de changement au poste d’entraîneur-chef. Même si certaines rumeurs ont circulé cette semaine, le Québécois est convaincu qu’Andy Reid sera de retour à son poste en 2018.

«Absolument. Être un bon entraîneur, ce n’est pas tout le temps de prendre toutes les décisions. Il a donné son carnet de jeux (au coordonnateur à l’attaque) Matt Nagy en milieu de saison. Je pense que c’est un signe d’un bon entraîneur: de connaître ses limites, de voir que parfois, les choses ne fonctionnent pas et il faut avoir l’humilité de passer les commandes. Ça en dit long sur la personne qu’il est. J’ai confiance en lui et je le respecte beaucoup.»

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