MONTRÉAL — Malgré le revers qu’a subi jeudi le mouvement antidopage, la docteure Christiane Ayotte a confiance que les tests qui seront effectués pendant les Jeux olympiques de Pyeongchang tiendront la route.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a annulé la suspension à vie imposée par le Comité international olympique (CIO) à 28 athlètes russes en marge du vaste scandale mis au jour par l’enquête de Richard McLaren, de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Dans son rapport émis à la fin de l’année 2016, McLaren a démontré la présence d’un système de dopage et de camouflage mis en place par l’État russe, mais il avait prévenu que ses preuves pouvaient ne pas tenir la route si on tentait d’inculper de façon individuelle des athlètes.

La directrice du laboratoire de contrôle de dopage du Centre INRS de l’Institut Armand-Frappier estime que ce qu’a découvert McLaren aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, a permis au mouvement antidopage de grandir.

«On a appris à la dure avec les ‘niaiseries’ du labo russe et de (son directeur devenu dénonciateur depuis, Grigory) Rodchenkov. On a bien appris notre leçon et il y aura des mesures plus importantes prises à Pyeongchang», a-t-elle assuré à La Presse canadienne.

Ça ne veut pas dire que tout se fera sans heurt: déjà, les nouvelles bouteilles qui devaient être utilisées pour les collectes d’échantillons étaient défectueuses.

«On peut les ouvrir, note Mme Ayotte. On va donc retourner à un modèle qui ne peut pas être manipulé. Mais à un autre niveau, il y aura de la supervision supplémentaire sur les échantillons et en plus, ils seront envoyés, comme ceux de tous les Jeux, à Lausanne pour pouvoir être de nouveau analysés éventuellement.»

Il n’y a pas qu’au laboratoire de Pyeongchang où la sécurité sera accrue: les communications de tout le monde feront l’objet d’une minutieuse attention.

«Nous ne sommes pas sans savoir que les Russes font souvent de l’écoute (électronique) ou tentent d’entrer dans les systèmes informatiques du CIO et des fédérations internationales. Il y a beaucoup de piratage informatique, car ils souhaitent démontrer que tout le monde triche, pas seulement qu’eux. Il y aura donc un niveau de sécurité exceptionnel pour tous les échanges de correspondance et de documents.»

Le TAS a entendu de façon urgente les cas des 39 athlètes russes — la suspension à vie de 11 d’entre eux a été maintenue — en raison de la proximité des Jeux de Pyeongchang, qui seront lancés le 9 février. Toutefois, d’autres appels, portant sur des cas de dopage des Jeux de Pékin, en 2008, et de Londres, en 2012, doivent toujours être entendus.

Ces cas de dopage avaient été découverts des années plus tard à la suite de nouveaux tests menés sur les échantillons stockés à Lausanne, en Suisse. C’est ce qui permet à Christiane Ayotte de garder espoir.

«Ces (nouveaux) tests de Pékin et Londres sont contestés devant le TAS par les Russes. Par contre, ce sont des tests positifs solides, avec une grande expertise derrière ces résultats. Nous verrons comment le TAS jugera ces dossiers», indique-t-elle.

«De nouvelles avancées techniques nous laissaient croire que plusieurs des échantillons collectés à Pékin allaient s’avérer positifs. À Londres, c’était un peu plus surprenant. Ça garantit l’intégrité du processus: si tu ne te fais pas attraper aujourd’hui, tu te feras attraper dans quatre, cinq, voire six ans.»

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