MONTRÉAL – Même si seulement la moitié des places disponibles au stade Uniprix ont été vendues en vue du week-end, Tennis Canada ne regrette pas d’avoir accepté d’être l’hôte du match de barrage du groupe mondial de la Coupe Davis entre les Canadiens et les Sud-Africains.

Le Canada aurait pu forcer l’Afrique du Sud à organiser le tournoi puisque le tirage au sort initial en avait décidé ainsi. Les autorités du tennis canadien ont toutefois sauté sur l’occasion lorsqu’elle s’est présentée, même s’ils pourront au mieux faire leurs frais ou retirer seulement un léger profit à la suite des trois journées de compétition qui seront disputées sur le court no 1 du stade Uniprix. L’enceinte secondaire du complexe de tennis montréalais compte 4250 sièges.

«C’était cent fois mieux que de partir avec toute l’équipe en Afrique du Sud, alors la question ne se posait même pas», a indiqué vendredi Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada, au cours d’un entretien avec La Presse Canadienne.

Pourtant, organiser une compétition de la Coupe Davis est rarement une bonne affaire financièrement, à moins d’évoluer dans le groupe mondial. Lapierre a toutefois noté que Tennis Canada pouvait plus facilement accueillir la compétition de ce week-end parce que l’organisme profite d’économies d’échelle. C’est là un avantage que les Sud-Africains n’avaient pas. Les installations sont déjà en place à Montréal, alors que là-bas il aurait fallu ajouter des équipements.

Un dirigeant de l’équipe sud-africaine a même avoué à Lapierre que jouer à Montréal représentait une épargne puisque leurs joueurs se rendent rarement en Afrique du Sud pendant la saison. Ceux-ci se trouvaient déjà en Amérique du Nord, la plupart à New York.

«Et ça, c’est juste le côté administratif, a souligné Lapierre. Si vous parlez à Martin Laurendeau (le capitaine de l’équipe canadienne), il va dire qu’on veut jouer à la maison. On a alors le choix de la surface, et on peut jouer devant notre monde.

«Envoyer Milos Raonic, Daniel Nestor et Vasek Pospisil à l’autre bout du monde, tout de suite après la saison sur surface dure, après les Internationaux des États-Unis, je ne sais pas si tout le monde aurait vraiment voulu faire ça, a par ailleurs lancé Lapierre en évoquant un scénario où les matchs de ce week-end auraient eu lieu en Afrique du Sud. Les athlètes, on leur demande de venir représenter le Canada mais à un moment donné, si ça ne fait pas leur affaire dans le cadre de la série de tournois qu’ils ont prévue et la progression de leur carrière… D’ailleurs, le meilleur joueur sud-africain, Kevin Anderson, a décidé de ne pas jouer ici.»

En acceptant d’organiser le match de barrage de ce week-end, Tennis Canada prépare également la table en vue des autres épreuves de la Coupe Davis à venir, vraisemblablement dans le groupe mondial. Il s’agirait alors de matchs qui pourraient opposer le Canada à des équipes aussi prestigieuses que celles des États-Unis, de la Serbie ou de l’Espagne. Et aussi, des matchs qui attireraient des foules plus imposantes qu’en fin de semaine, alors que l’issue du duel contre l’Afrique du Sud était pas mal connue d’avance.

«C’est sûr que ces genres de rencontres-là, ça devient très intéressant», a reconnu Lapierre.

Vancouver a accueilli le duel de la Coupe Davis contre la France, en février dernier, et maintenant c’est au tour de Montréal. Il n’y a toutefois pas de système d’alternance en place, a prévenu Lapierre. La prochaine fois que le Canada obtiendra le droit d’être l’hôte, la ville canadienne d’accueil sera choisie en fonction d’éléments qui favoriseront avant tout la victoire de l’équipe locale, plutôt que pécuniaires.

«On regarde les avantages et désavantages de chacune, puis c’est Tennis Canada qui a le choix, a indiqué Lapierre. Ce sont toujours les joueurs et la victoire qui viennent en premier. Le côté financier est deuxième. Les joueurs nous donnent aussi leur préférence.

«Par exemple, le choix de Vancouver avait l’avantage de coïncider avec le fait que les joueurs disputaient une série de tournois sur la côte Ouest. Le tournoi de San Jose suivait tout de suite après. Et à vrai dire, des joueurs avaient un peu peur qu’il y ait trop de partisans de l’équipe française si on jouait à Montréal. Ce qui aurait été fort possible.»

Lapierre, qui est aussi le directeur de la Coupe Rogers de Montréal, assure par ailleurs qu’il y a aussi des occasions où les joueurs n’ont pas de préférence. Dans ces cas-là, comptez sur lui pour mettre de l’avant les atouts de Montréal auprès de ses confrères à Tennis Canada.

«J’ai toujours été un grand défenseur de Montréal», a-t-il souligné.

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