Kirsty Wigglesworth / The Associated Press Angelique Kerber

LONDRES — Oui, ce sera la 10e présence de Serena Williams en finale à Wimbledon. Oui, il s’agira d’un 30e match pour un titre en simple à un tournoi du Grand Chelem. Et, enfin, elle est largement reconnue comme la meilleure joueuse non seulement de son époque, mais de toute l’histoire.

Le reste du monde peut bien se contenter de lever les épaules, comme s’il ne s’agissait que d’une autre opportunité d’ajouter un trophée à son imposante collection. Williams, elle, ne ressent aucune gêne à dire qu’elle est impressionnée par cet exploit. Avec raison. Car il y a seulement dix mois, elle accouchait d’un premier enfant avant de lutter contre de sérieux problèmes de santé.

Même après tout ça, même après plus d’un an d’absence des courts, même si elle ne participait qu’à un quatrième tournoi depuis son retour au jeu, Williams a montré qu’elle était encore capable de dominer. Surtout au All England Club où une victoire relativement facile de 6-2, 6-4 contre l’Allemande Julia Goerges, jeudi, a placé l’Américaine à la porte d’un huitième championnat.

Elle s’approche aussi d’un 24e titre en simple à un tournoi du Grand Chelem, ce qui lui permettrait d’égaler le record de l’Australienne Margaret Court.

«Bien des gens disaient ‘Oh, elle devrait participer à la finale’, a déclaré l’athlète de 36 ans.

«Pour moi, il s’agit d’un tel plaisir et d’une telle joie parce que, vous savez, il y a moins d’un an, j’ai vécu bien des choses.»

Après avoir inscrit cinq as à l’aide d’un service qui a atteint la vitesse de 190 km/h, amassé 16 coups gagnants tout en ne commettant que sept erreurs directes et couvert si bien la surface de jeu avec vitesse et effort, Williams aura rendez-vous avec une autre Allemande, Angelique Kerber samedi.

«Peu importe ce qui arrivera, honnêtement, il s’agit d’un incroyable effort de ma part», a déclaré Williams.

De son côté, Kerber, 11e tête de série, a défait la Lettone Jelena Ostapenko 6-3, 6-3 lors de l’autre demi-finale, présentée plus tôt en journée.

«Ce sont les matchs pour lesquels j’ai travaillés quand j’étais jeune. D’être de nouveau ici, en finale à Wimbledon, est merveilleux», a déclaré Kerber, une ancienne numéro un mondiale.

Détentrice de deux titres du Grand Chelem, en Australie et aux États-Unis en 2016, Kerber en sera à sa deuxième présence en finale au All England Club.

«C’est remarquable de la revoir, a affirmé Kerber, qui a perdu six de ses huit matchs en carrière face à Williams. Je sais qu’elle vous pousse toujours à vos limites.»

L’affrontement entre Williams et Kerber sera une reprise de la finale de 2016 que l’Américaine avait gagnée pour un deuxième titre d’affilée sur le pelouse londonienne. L’an dernier, Williams a fait l’impasse à Wimbledon pendant sa grossesse.

Après avoir donné naissance à sa fille Olympia en septembre, Williams a dû être soignée pour des caillots sanguins.

«J’ai arrêté de compter, je pense, après quatre opérations», a déclaré Williams, qui a joué avec des collants de compression à Wimbledon, par mesure de précaution.

Cette longue absence a fait reculer une joueuse qui a passé plus de 300 semaines au sommet du classement. Elle a commencé le tournoi de Wimbledon au 181e rang, mais a été classée 25e tête de série à cause de ses réussites passées.

Et personne ne pouvait savoir comment Williams allait se débrouiller pendant ces deux semaines. Même Williams l’ignorait.

«Ce n’est pas inévitable pour moi. J’ai vraiment eu un accouchement difficile … et j’ai failli ne pas m’en sortir, honnêtement, a relaté Williams. Je me souviens que j’avais de la difficulté à marcher jusqu’à ma boîte aux lettres. Alors, ce n’est absolument pas ‘normal’ de me retrouver en finale à Wimbledon.»

En prenant la mesure de Goerges, Williams a porté à 20 sa série de victoires à Wimbledon, une séquence qui remonte aux débuts de l’édition de 2015. Elle a également gagné les 15 derniers matchs auxquels elle a participé lors de tournois du Grand Chelem depuis la première ronde des Internationaux d’Australie, qu’elle a gagnés pendant qu’elle était enceinte.

Le match entre Goerges et Williams était égal 2-2, 30-30 au premier set et l’Allemande, jusque-là, semblait vouloir montrer qu’elle pouvait échanger des coups en puissance avec sa célèbre rivale. Goerges a cependant été incapable de maintenir le tempo. Williams a gagné 18 des 22 points qui ont suivi, et cinq jeux consécutifs, ce qui lui a permis de boucler le premier set et de prendre l’avance 1-0 en deuxième manche.

«Elle relève son jeu lors de plusieurs moments importants d’un match, a souligné Goerges. On a vu qu’elle s’est améliorée lors de chacun de ses matchs ici.»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!