Chris Young/La Presse canadienne Le commissaire de la LNH Gary Bettman

MONTRÉAL – Les négociations qui perdurent présentement dans la LNH devraient se construire sur deux vérités immuables: les contrats déjà signés doivent être respectés et un partage des revenus à 50-50 est équitable pour les deux parties, estime l’ancien dur à cuire du Canadien de Montréal Chris Nilan.

«Respectons les contrats et allons-y d’un partage à 50-50, puis allons de l’avant pour régler le reste. Les deux parties devraient céder un peu», a déclaré Nilan, lundi, lors d’un entretien avec La Presse Canadienne accordé dans le but de faire la promotion d’un nouveau documentaire dont il est l’objet.

«Un contrat signé est un contrat qui doit être respecté. La LNH veut modifier des clauses rétroactivement? Ce n’est pas correct. Les proprios vont-ils remonter en arrière jusqu’à mon époque et me demander de rembourser 20 pour cent de mon salaire? C’est ridicule», a lancé l’ancien no 30 du Canadien, des Rangers de New York et des Bruins de Boston.

Le commissaire de la LNH Gary Bettman fait par ailleurs une erreur en adoptant la ligne dure face aux joueurs, a avancé celui qui n’avait peur de rien quand il s’alignait avec le Tricolore dans les années 1980.

Il s’agit là d’une bourde selon lui parce que les joueurs ont développé le réflexe, au fil des ans, de ne jamais reculer devant ceux qui les défient, tant sur la patinoire qu’en dehors.

«Quand tu veux amorcer les négociations en faisant preuve de bonne foi, tu ne commences pas par des menaces. Mais avec Bettman, on a eu droit aux menaces dès le début, a noté Nilan. ‘Vous faites ce que je dis ou vous êtes cuits’, qu’il a essentiellement dit. Tu oses dire ça à ces hockeyeurs, dont le métier est de ne pas reculer devant les confrontations?

«Les joueurs ont fait des concessions lors du dernier lock-out et ils ont accepté d’aider les propriétaires à faire croître leur sport, a poursuvi l’homme de 54 ans. C’est ce qui est arrivé, le hockey a progressé comme jamais. Et maintenant, les propriétaires remercient les joueurs en leur disant d’aller se faire foutre?

«Certains proprios sont dans une situation désespérée. Mais c’est la LNH qui les a mis dans un environnement qui les mène à l’échec. Et maintenant, on veut que ce soit les joueurs qui ramassent les pots cassés.»

La mentalité du hockeyeur qui ne recule jamais est abondamment illustrée dans The Last Gladiators, un documentaire tourné en anglais qui sortira en salles ce vendredi à Montréal, Québec et Gatineau, puis la semaine suivante à Victoriaville et Sherbrooke.

Le long métrage de 90 minutes du réalisateur Alex Gibney, auteur d’un Oscar, examine sans porter de jugement le monde des bagarreurs de la LNH. Le documentaire se penche surtout sur la vie de Nilan, en y greffant les témoignages de durs tels que Bob Probert — décédé depuis —, Marty McSorley, Terry O’Reilly et l’ancien des Nordiques Tony Twist.

Le documentaire consacre beaucoup de temps à expliquer cet univers particulier, que les amateurs de hockey de longue date connaissent déjà bien. Mais la candeur de Nilan, qui n’hésite pas à faire part de ses émotions et à raconter ce qui s’est passé en coulisses, rend le film particulièrement intéressant pour les partisans du CH qui ont suivi sa carrière.

«C’est une fenêtre sur ce que vivent les bagarreurs, a décrit Nilan. Ça donne aux amateurs une vision plus intime de comment ça se passe. Les partisans voient toujours ces gars-là sur la patinoire, ils les encouragent et ils les aiment, mais ils ne réalisent pas toujours ce qu’ils ressentent sur une base quotidienne.

«Je trouve aussi que le film donne de l’espoir, en ce sens que peu importe ce qui arrive, on n’est pas obligé de rester par terre, il est possible de se relever, a ajouté Nilan. C’est ce que j’ai fait durant toute ma vie.»

Nilan, un bagarreur qui avait certaines qualités de hockeyeur, a marqué 110 buts et ajouté 115 aides tout en amassant 3043 minutes de pénalités en 688 matchs dans la LNH.

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