Chris Young Chris Young / La Presse Canadienne

Depuis près de dix ans, les médias sociaux aident les athlètes et les équipes sportives à interagir avec leurs fans ou à faire des annonces importantes.

Mais selon Mike Naraine, un professeur qui étudie le lien entre le sport et les médias sociaux, cette relation a évolué en 2018.

Que ce soit DeMar DeRozan qui parle de santé mentale, Daniel Carcillo plaidant pour de meilleurs protocoles de sécurité au hockey ou l’avocate Rachael Denhollander dénonçant Larry Nassar, des athlètes du passé et du présent ont utilisé Twitter, Instagram et Facebook pour mettre en lumière des questions sociales.

«Nous avons vu un processus de maturation des médias sociaux, estime Naraine. Les athlètes commencent à voir que la véritable valeur des médias sociaux ne consiste pas seulement à pouvoir communiquer avec les fans, bien que ce soit un rôle important, mais aussi à donner une vitrine à ce qui restait dans l’ombre.

«Les athlètes peuvent désormais utiliser leur statut de figure visible, ce qui est très porteur, et le faire non seulement à leur profit personnel, mais pour plaider en faveur de certaines causes.»

Le refus de Colin Kaepernick de se lever pendant l’hymne américain, pour protester contre la brutalité policière contre les Afro-Américains, est considéré par Naraine comme l’inspiration de nombreux mouvements similaires lancés par des athlètes.

Kaepernick poursuit la NFL pour collusion, aucune équipe ne l’ayant mis à l’essai, après que les 49ers de San Francisco n’aient pas renouvelé son contrat.

DeRozan a entamé la discussion sur la santé mentale suite aux discussions enclenchées par un de ses gazouillis, à la mi-février. D’autres joueurs de la NBA ont ensuite parlé de leurs propres difficultés.

Carcillo est l’un des plaignants dans un recours collectif impliquant 300 anciens joueurs de la LNH, qui poursuivent la ligue pour négligence au sujet des traumatismes à la tête. Sur Twitter, il aborde régulièrement ses problèmes physiques et mentaux découlant de multiples commotions cérébrales.

À la fin novembre, Carcillo a aussi détaillé sur Twitter les tourments qu’il a subis lors d’initiations comme recrue avec Sarnia dans la LOH, en 2002-03.

Cela a amené le commentateur Don Cherry à dénoncer les initiations, et la Ligue de l’Ontario a réitéré sa politique de tolérance zéro contre les initiations et les abus physiques.

Denhollander a été la première ancienne gymnaste à accuser Nassar, alors médecin réputé pour USA Gymnastics et l’université Michigan State, d’agression sexuelle dans le cadre de son travail, en 2016. Des centaines d’autres femmes ont aussi accusé Nassar, au cours des mois suivants.

Le 5 février, Nassar, 55 ans, a été condamné à de 40 à 125 ans de prison, en lien à trois chefs d’agression sexuelle. La déclaration de Denhollander sur l’impact émotionnel a été largement diffusée sur les médias sociaux.

«Les médias sociaux permettent de contourner les structures traditionnelles, dit Naraine. Lorsque vous êtes un athlète professionnel, vous êtes limité par ce que dit le syndicat des joueurs, par l’image que veut projeter la ligue. Pour les athlètes, la capacité d’être un peu plus actifs, c’est un outil très puissant.»

Après l’accident d’autobus des Broncos de Humboldt, à la mi-avril, partisans, joueurs de hockey et personnalités publiques ont placé des bâtons de hockey devant leurs résidences, en hommage aux victimes et aux survivants. Le geste s’est répandu à travers le Canada et au-delà via des publications sur Instagram et Twitter, avec bien souvent du ruban vert sur les bâtons.

Il y a aussi eu des sujets plus légers. Le message Twitter de John Tavares avec une photo de lui à huit ans, dans des draps à l’effigie des Maple Leafs, a été des plus populaires.

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