MONTRÉAL – Nevio Pizzolitto, qui a annoncé sa retraite à titre de joueur de soccer professionnel, mercredi, a dû choisir une famille aux dépens d’une autre en vue de sa deuxième carrière. Il a finalement privilégié sa famille biologique à la place de celle de l’Impact.

L’ancien défenseur a refusé un poste d’entraîneur adjoint avec l’équipe U-21 de l’Académie de l’Impact dans le but de travailler au sein de l’entreprise familiale. Celle-ci se spécialise dans la fabrication de rampes d’escalier. Il occupera aussi à temps partiel un poste de directeur technique avec le club de soccer de Monteuil, à Laval, où il succédera à John Limniatis, un autre ancien joueur du onze montréalais.

Pizzolitto a indiqué que l’entreprise familiale était sa priorité et c’est pourquoi il n’a pu accepter un poste avec l’Impact, qui était à temps plein.

«J’ai toujours prévu retourner un jour à l’entreprise familiale», a-t-il indiqué lors d’un entretien avec La Presse Canadienne, après la conférence de presse que l’Impact a expressément organisée pour lui. Le temps qu’il aurait fallu consacrer à l’équipe U-21, c’était impossible pour moi dans les circonstances. Une opportunité s’est présentée à Monteuil, et ils étaient prêts à me permettre de travailler les soirs et les fins de semaine.

«Je voulais rester impliqué dans le soccer afin de prendre de l’expérience dans un rôle technique et continuer à bâtir mon avenir à ce niveau, a expliqué Pizzolitto. Mais il était clair que je voulais respecter mon engagement envers ma famille. C’est un domaine que j’aime, c’est une entreprise qui existe depuis 45 ans et qui a un bel avenir, et mon père (Luigi) veut prendre sa retraite bientôt. Mon frère aîné (Remo) est là depuis plus de 15 ans, alors c’était une belle opportunité de m’impliquer et d’aider l’entreprise à aller de l’avant.

«Je vais travailler au bureau, faire un peu de gestion, aller prendre des mesures et donner un coup de main au besoin lors des installations», a dit Pizzolitto, qui a joué différent rôles au sein de l’entreprise durant sa jeunesse, ainsi qu’entre les saisons de soccer.

Après 16 campagnes avec l’Impact en deuxième division nord-américaine, Pizzolitto a eu droit à un essai avec l’équipe en vue de l’entrée en MLS cette année. Il a toutefois été retranché à la mi-février, trois semaines avant le début du calendrier régulier. Par l’entremise d’un ami, il a su qu’un agent était intéressé à communiquer avec lui afin de lui faire part de l’intérêt de deux clubs de la NASL, le FC Edmonton et les RailHawks de la Caroline. Pizzolitto n’a toutefois jamais donné suite à ces avances, sentant qu’il avait besoin de vivre un certain recul du soccer.

«Je m’étais dit sur le coup que j’écouterais ce qu’on avait à dire. Mais finalement, je n’ai jamais poussé plus loin. Je n’ai jamais cherché à savoir quel salaire on aurait été prêt à m’offrir, ni à chercher à communiquer avec les clubs en question, a dit Pizzolitto. Dans ma tête, je voulais rester à Montréal. Je ne voyais pas l’utilité d’aller jouer ailleurs pour seulement un an.

«Si j’avais 25 ans, je serais allé. À cet âge-là, quand tu es retranché par une équipe, tu essaies d’en trouver une autre. Mais à ce stade-ci de ma carrière, à 35 ans, après une longue carrière à Montréal, après toutes ces blessures et compte tenu de l’avenir que je voulais me bâtir, j’ai pris ma décision.»

La MLS à 24 ans

C’est donc dans la sérénité que Pizzolitto a décidé d’arrêter de jouer. Et avec la certitude que c’est à cause de son âge qu’il n’a pas été en mesure de poursuivre l’aventure avec l’Impact en MLS.

Car celui qui a été trois fois proclamé joueur défensif de l’année chez l’Impact n’a aucun doute qu’il aurait accédé à la MLS s’il était encore dans la fleur de l’âge. Joueur intimidant sur le terrain, il aurait quasi certainement tombé dans l’oeil d’un entraîneur comme Jesse Marsch.

«Je crois que oui, a acquiescié Pizzolitto. J’ai eu l’occasion d’aller à Kansas City (en MLS) à l’âge de 24 ans, l’année après que j’ai joué à Richmond (en 1999), quand l’Impact avait fait relâche pendant la saison extérieure. Le directeur général à Richmond s’était retrouvé à Kansas City et il m’avait offert un contrat. Mais le salaire n’était pas si élevé à l’époque. J’en faisais le double à l’époque, puisque je jouais à la fois au soccer extérieur et intérieur. J’aurais donc pu jouer en MLS. Mais à 35 ans, évidemment, l’histoire est bien différente.

«Je ne regrette pas d’avoir ignoré la MLS. Ç’a eu beaucoup plus de signification pour moi de jouer chez moi. Le fait d’être un Montréalais et d’avoir aidé l’équipe à grandir, à se mettre sur la carte, était important pour moi. Si j’étais allé jouer ailleurs, j’aurais été un joueur parmi d’autres, qui encaissait juste un chèque de paie et qui essayait de gagner des matchs. Mais ici, à Montréal, c’était beaucoup plus que ça.»

Capitaine de l’équipe lors des deux dernières saisons, Pizzolitto a conclu sa carrière avec un total de 248 matchs amorcés et 291 matchs disputés en saison régulière, pour un total de 23 030 minutes de jeu. Il se classe au deuxième rang dans l’histoire du club, derrière Mauro Biello, à ces trois chapitres. Il a été sélectionné sur les équipes d’étoiles du circuit à quatre reprises.

Pizzolitto a par ailleurs remporté trois championnats des séries, cinq championnats de saison régulière et un championnat canadien avec l’Impact. Ce dernier titre lui a permis de vivre le fabuleux parcours du onze montréalais en Ligue des Champions de la CONCACAF, jusqu’en quarts de finale contre le club mexicain Santos Laguna.

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