MONTRÉAL – Il y aura 500 partisans de Lucian Bute dans les gradins, samedi, lors du combat contre Carl Froch au Capital FM Arena à Nottingham. Le Montréalais d’origine roumaine ne pourra toutefois compter sur leur appui tangible une fois dans le ring, prévient Jean Pascal.

Ce dernier a affronté Froch à Nottingham en 2008. Pascal, qui s’était alors incliné par décision unanime dans un combat pour le titre vacant du WBC chez les super-moyens, avait également eu l’appui de 500 supporteurs qui s’étaient déplacés du Québec. Un appui qui s’était avéré plus théorique que concret.

«Je les entendais plus ou moins, a indiqué Pascal lors d’un récent entretien, en racontant ce qu’il a vécu face à Froch. Mes partisans ne pouvaient pas faire autant de bruit qu’ils le voulaient parce qu’ils se faisaient intimider par les partisans hostiles de Froch. Quand ils sont 10 000 à te dire de t’asseoir, tu t’assois.

«Quand je donnais un bon coup à Carl Froch, si certains de mes partisans criaient et sautaient, on leur disait de s’asseoir. Un de mes amis n’a pas voulu s’asseoir, il a commencé à se disputer avec un partisan de Froch et ce partisan lui a répondu — Tu n’as pas vu? Vous êtes peut-être trois ou quatre dans votre coin, mais nous, on est 10 000, alors… Assois-toi.»

Cet ami de Pascal a vite compris qu’il n’avait pas intérêt à passer à la prochaine étape de la «discussion».

Bute risque donc de n’entendre que les partisans de Froch, samedi.

Stéphan Larouche, son entraîneur, s’en doute déjà puisqu’il a obligé le champion IBF des super-moyens à s’entraîner au son de cette foule hostile ces dernières semaines. Il s’agit là d’une méthode qui devrait aider Bute à être moins dépaysé, mais qui n’est pas à toute épreuve, a affirmé Pascal. Après tout, ça ne reste qu’un enregistrement.

«Il a beau écouter le son d’ambiance mais c’est à l’entraînement, quand tout va bien, a noté le boxeur lavallois. Être sur place, avec toute l’électricité et l’ambiance qu’on y retrouve, et quand la foule crie à chaque coup de poing que Froch te lance et qui fait mal… Ce n’est pas la même chose.»

Bute s’est également entraîné au son de la voix perçante de Rachael Cordingley, l’épouse de Froch. Celle-ci a l’habitude de crier de manière incessante des commentaires de toutes sortes durant les combats de son mari. Là-dessus, toutefois, Pascal n’est pas en mesure de conseiller Bute puisque Froch avait une autre compagne à l’époque.

Pascal reste quand même d’avis que Bute va «vivre quelque chose d’extraordinaire».

«Il va vivre quelque chose que je souhaite à tout boxeur qui veut devenir, un jour, un des plus grands. C’est-à-dire aller se battre à l’étranger, affronter une foule hostile et avoir une occasion de remporter un combat (dans ces conditions).»

À 34 ans, Froch est maintenant un boxeur bien différent de celui que Pascal a affronté en 2008, estime par ailleurs l’ancien champion WBC des mi-lourds.

«Le Carl Froch que j’ai affronté en 2008, c’était un Carl Froch qui était confiant, qui pensait qu’il était invincible. Il se prenait pour Superman, il pensait qu’il pouvait obtenir une mise hors de combat contre n’importe qui, n’importe où, n’importe quand et de n’importe quelle manière, a expliqué Pascal. Il était affamé parce qu’il cherchait à s’établir comme un des meilleurs 168 livres au monde. Il était jeune, aiguisé, vif d’esprit.

«Le Carl Froch que Lucian Bute va affronter a beaucoup d’expérience, compte tenu qu’il a boxé contre les meilleurs boxeurs de sa catégorie. Il va savoir mieux gérer les situations qui vont se présenter sur le ring. Par contre, cette expérience-là l’a un peu usé, a dit Pascal. Il a été impliqué dans de grandes batailles avec Mikkel Kessler, Andre Dirrell, Arthur Abraham, Andre Ward… Pendant deux ans, il s’est battu contre l’élite mondiale.

«D’après moi, il est meilleur techniquement en ce moment. Mais dans la boxe, il faut aussi que tu sois affamé. Ce qui te donne cette faim, c’est la quête de la reconnaissance, la quête de s’établir mondialement. Maintenant, Froch a de l’argent, il a été champion du monde, il s’est établi comme un boxeur d’élite dans sa division, a ajouté Pascal. Je ne dis pas que Froch n’a pas faim. Mais sûrement qu’il a beaucoup moins faim qu’au moment où il recherchait la reconnaissance.»

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