Darren Calabrese/THE CANADIAN PRESS Stephanie Valin du Canada se défend contre Makenzie Fischer des États-Unis.

TORONTO – Au lendemain de la défaite à sens unique de 13-4 contre les États-Unis en finale du tournoi panaméricain de water-polo féminin, l’entraîneuse-chef Johanne Bégin a indiqué que les vétérans auront un rôle à jouer pour rebâtir la confiance des Canadiennes.

«C’est évident qu’elles auront un rôle à jouer, et c’est celui de rassurer les plus jeunes, a expliqué Bégin, la première entraîneuse féminine de l’équipe canadienne de water-polo. Ce rôle, ce n’est pas seulement à l’entraîneuse à l’assumer. Il va donc falloir que le travail soit fait.»

Le temps presse pour les représentantes de l’unifolié, car les Championnats du monde de natation de Kazan seront présentés dès la mi-août. Parmi celles qui seront appelées à intervenir se trouvent notamment Krystina Alogbo, qui est âgée de 29 ans, et l’aînée de l’équipe à 31 ans, Christine Robinson. «La grand-maman» du club, comme elle se plaît à se surnommer, est d’ailleurs consciente de son rôle dans le vestiaire.

«Les jeunes amènent la passion, le plaisir et le dynamisme qui manque parfois à l’équipe, a dit l’arrière. J’ai beaucoup d’expérience, et je campe un peu un rôle de gérante dans l’équipe. C’est vraiment une relation donnant-donnant.»

Bégin sait qu’elle peut compter sur Robinson pour faire passer son message parmi ses joueuses, car leur relation ne date pas d’hier.

«Pour moi, l’embauche de Johanne, c’est comme boucler la boucle, a imagé la joueuse de Pointe-Claire. J’ai joué avec elle aux Jeux olympiques de 2004 (à Athènes). À l’époque, j’étais la plus jeune de l’équipe, et elle c’était plutôt la vétéran que je suivais. Elle était également ma coloc à Athènes, donc pour moi c’est vraiment ‘cool’ de jouer pour elle.

«Les rôles sont différents de ceux à l’époque, mais elle amène une attitude très positive au sein de l’équipe, a-t-elle ajouté. Elle veille sur nous comme si nous étions ses propres enfants. C’est certain que les tactiques et les approches sont différentes (de celles de l’ex-entraîneur Guy Baker), mais je crois que des changements sont parfois bons.»

Il restera maintenant au Canada à rebondir lors des Mondiaux et du tournoi de qualification olympique à Rio le printemps prochain, et malgré ce revers cinglant, Robinson croit toujours que Bégin mènera l’équipe à bon port.

«Ce ne sera pas facile, mais le rêve, c’est toujours de conclure ma carrière aux Jeux olympiques de Rio», a-t-elle lancé avec assurance.

Le 14e joueur…

Bégin, une ancienne policière, est brièvement revenue sur la défaite de 13-4 encaissée contre leur bête noire mardi soir au Centre panaméricain de Markham.

«On était conscientes en entamant ce match-là que nos adversaires allaient être coriaces et que tout le monde devait être au sommet de son art pour qu’on ait une chance de battre (les Américaines), a dit Bégin. J’étais prête à accepter la défaite, mais ma plus grande déception c’est vraiment l’écart au score final.»

Bien qu’elle soit déçue, Bégin ne considère pas cette défaite comme une régression par rapport au résultat des derniers Jeux panaméricains à Guadalajara en 2011 — où le Canada s’était incliné en finale devant les États-Unis 19-18 en tirs de barrage dans le plus long match de l’histoire du water-polo.

«Je ne pense pas que notre équipe ait reculé. Je crois plutôt que c’est le programme américain qui est très fort, a-t-elle commenté. C’est un pays qui a des perspectives un peu différentes des nôtres. Il reste qu’on n’est pas à la place que j’aurais aimé qu’on soit pour quitter les Jeux panaméricains vers les Mondiaux de Kazan.»

Cependant, on dit souvent que la nuit porte conseil, et Bégin croit avoir pris le recul nécessaire pour identifier la cause de cette dégelée inattendue.

«Certaines joueuses ont éprouvé des problèmes de concentration, a souligné celle qui a été membre de l’équipe canadienne de water-polo de 1991 à 2007. On avait un plan de match et des stratégies pré-établies pour contrer les forces des Américaines. On a eu des problèmes d’exécution qui sont dus, selon moi, à un manque de concentration.

«Et oui, le 14e joueur (la foule) nous a un petit peu affecté, a-t-elle ajouté. On en avait parlé avant d’arriver, pendant et on en parle encore après le tournoi. Nous ne sommes pas habituées d’évoluer devant des foules aussi imposantes. Il faut que le public devienne un atout, et non un élément de pression supplémentaire.»

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