MONTRÉAL – La Québécoise Émilie Fournel s’est officiellement qualifiée pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, jeudi soir, en remportant la course éliminatoire de K1 500 m contre la Néo-Écossaise Michelle Russell aux sélections de l’équipe canadienne de canoë-kayak de vitesse.

«C’est très difficile à réaliser en ce moment, a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne quelques minutes après sa qualification. J’avais commencé la semaine en me disant: ‘Émilie, c’est comme un match de tennis, il faut que tu gardes la tête froide. Tu ne dois démontrer aucune émotion, et prendre une course à la fois.’ Mais là, l’émotion m’a emportée et j’avais déjà les larmes aux yeux en arrivant au quai, devant ma mère Guylaine et mon frère Hugues. Je me suis un peu laissée aller dans les émotions.»

Fournel, de Lachine, a remporté le duel ultime contre Russell par un peu plus d’une longueur de bateau.

Mercredi, Russell — qui a qualifié le Canada à cette épreuve lors des derniers Championnats du monde — avait poussé Fournel au bord du précipice en gagnant la première finale en deux minutes et 3,656 secondes. Si Russell avait de nouveau triomphé jeudi matin, lors de la deuxième finale de K1 500 m, ç’en aurait été fait du rêve olympique de Fournel.

Fournel a donc remporté la deuxième finale du K1 500 m, mettant la table pour une course suicide en après-midi contre Russell.

«C’est sûr que j’ai mal dormi dans la nuit de mercredi à jeudi, mais (mercredi) il y avait beaucoup de vent sur le parcours et je savais en arrivant ici que j’avais simplement choisi la mauvaise stratégie de course, a-t-elle expliqué. Ceci étant dit, j’avais d’autres tours dans mon sac et il suffisait que j’y crois pour y parvenir. Ce matin, je me suis réveillée sereine, en me disant que c’était maintenant ou jamais.

«Je me suis donc laissée aller — je fais du kayak depuis plus de 15 ans —, en me disant que ce seraient mes troisièmes Jeux olympiques en carrière, donc je sais ce que ça prend, a-t-elle ajouté. Je me suis faite confiance, et j’ai fait confiance à mon plan de course, et ç’a fonctionné parfaitement.»

Fournel «s’est revirée sur un 10 cents»

Depuis trois ans, Fournel se concentrait sur le K4 500 m en compagnie de Geneviève Beauchesne-Sévigny, Kathleen Fraser et Hannah Vaughan, sauf que leurs espoirs de se qualifier pour les JO de Rio se sont envolés lorsqu’elles ont vu les Argentines leur souffler la dernière place donnant accès à la finale des Championnats du monde à Milan, en août dernier. Fournel a donc rapidement dû réorienter son entraînement en fonction du K1.

La kayakiste de 29 ans a ainsi obtenu son billet pour les JO de Rio, qui seront ses troisièmes en carrière après ceux de Pékin en 2008 et ceux de Londres en 2012.

«C’est encore plus excitant que ma première qualification olympique, parce que je partais de plus loin, a-t-elle confié, le trémolo dans la voix. Je n’avais pas fait de K1 depuis longtemps — mon objectif était ailleurs, sauf que ça n’a pas fonctionné —, et il fallait que je fasse preuve de résilience et que je me revire sur un 10 cents.

«Vous savez, j’ai pris de grosses décisions cette saison en changeant notamment d’entraîneur — j’ai fait confiance à Frédéric Jobin — et en m’entourant de mon frère Hugues ainsi que du champion du monde Mark de Jonge, a-t-elle rappelé. J’ai vraiment appris d’eux, et je crois que c’est pour ça que je suis rendue où je suis aujourd’hui.»

À Londres en 2012, Fournel avait terminé 14e en K1 500 m, et 21e en K1 200 m. Elle avait aussi abouti en 10e position du K4 500 m lors des Jeux de Pékin.

Les sélections canadiennes, qui se poursuivront jusqu’à dimanche, détermineront également l’identité du représentant de l’embarcation de K1 200 m du côté des hommes qui sera délégué aux JO de Rio.

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