TORONTO – Des membres de la communauté sportive canadienne ont qualifié le nouveau rapport confirmant le dopage appuyé par l’État russe de «très décevant» et d’«accablant» pour les athlètes.

L’enquête indépendante, commandée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et dont les résultats ont été présentés lundi à Toronto, a trouvé des preuves de dopage généralisé des athlètes russes avec la complicité de l’État pour échanger les échantillons d’urine, incluant pendant les Jeux olympiques de Sotchi, en 2014.

Le kayakiste étoile Adam van Koeverden a déclaré que l’importance de l’implication du gouvernement dans le programme de dopage, qui selon l’enquête inclut la participation des services secrets russes, est «ridicule».

«Pouvez-vous imaginer comment le Canada aurait l’air ridicule si le Service canadien du renseignement de sécurité était impliqué pour essayer de nous faire gagner un tournoi de water-polo, a déclaré le médaillé d’or olympique. N’ont-ils pas des choses plus importantes à faire?»

Van Koeverden croit que la communauté sportive n’est pas nécessairement surprise des conclusions de l’enquête, mais il demeure confiant que les organisations responsables de lutter contre le dopage fonctionnent bien.

«Je ne pense pas que ça signifie que les efforts antidopages à travers le monde ne fonctionnent pas, a-t-il dit. Je pense qu’il y a eu une tentative calculée, assurée, coordonnée dans un pays qui a fonctionné parce qu’elle avait l’appui de tous les niveaux de gouvernement.»

Le marcheur Inaki Gomez a mentionné que l’enquête devait servir de leçon quand vient le temps d’accorder la présentation d’une compétition sportive majeure à la Russie.

«Il doit y avoir des conséquences pour ce comportement, a-t-il déclaré. Nous ne pouvons pas leur faire confiance à l’avenir.»

La Russie doit accueillir la Coupe du monde de soccer en 2018.

L’équipe russe d’athlétisme a déjà été bannie des Jeux olympiques de Rio et le comité exécutif de l’AMA demande maintenant l’exclusion de l’ensemble des athlètes russes aux Jeux de Rio.

Inaki a ajouté qu’il espérait que l’on devait profiter de l’enquête pour nettoyer le sport.

«Il est temps d’enquêter sur d’autres nations qui ont une culture de dopage qui affecte encore le sport, a-t-il dit. Quels sont ces pays? Je vais laisser l’AMA et les autres organisations s’en occuper. Mais il s’agit d’une occasion de dire que l’enquête a fonctionné et qu’il est temps de nettoyer le sport.»

Le président du Centre canadien pour l’éthique dans le sport, Paul Melia, a noté que l’exclusion de l’ensemble des athlètes russes aux Jeux de Rio serait une manoeuvre sans précédent. Il a toutefois ajouté que l’échelle du système de dopage russe représentait un défi pour le programme de l’AMA.

«Le code de l’AMA n’a pas vraiment de sanctions en place dans un cas où le gouvernement ou l’agence antidopage brise complètement les règles et corrompt le sport comme on le voit en Russie», a-t-il dit.

Melia a déclaré que même s’il s’était préparé pour le pire, il a quand même été choqué par les conclusions de l’enquête. Il craint maintenant que les preuves présentées soulèvent des questions auprès des athlètes, dont les résultats passés auraient pu être différents.

La ministre du Sport, Carla Qualtrough, s’est dite «profondément troublée» par les preuves présentées dans le rapport.

«Il est impératif qu’il y ait des conséquences à tous les niveaux pour ceux qui trichent, pas seulement contre les athlètes, a-t-elle déclaré. J’appuie les recommandations de l’AMA à la suite de l’enquête et je suis d’avis que d’autres enquêtes sont nécessaires. En tant que communauté sportive internationale, nous devons nous unir et offrir une réponse collective à tous les niveaux.»

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