Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Pour quelqu’un qui était mal en point au point de ne pas pouvoir rencontrer les journalistes mardi soir, Eugenie Bouchard a été explosive 24 heures plus tard, au point de servir une spectaculaire correction à Dominika Cibulkova.

Quelque trois semaines après s’être inclinée à ses dépens à Wimbledon, Bouchard a savouré une douce revanche face à la Slovaque, qu’elle a éliminée avec panache 6-2, 6-0 mercredi soir à la Coupe Rogers.

Seule Canadienne toujours en lice à la suite du revers de Françoise Abanda en après-midi, Bouchard se mesurera jeudi à la Slovaque Kristina Kucova, qui a surpris l’Espagnole Carla Suarez Navarro plus tôt en journée. Ce match de troisième tour sera le dernier de la soirée, après un duel américain qui va opposer Venus Williams à Madison Keys.

Il s’agit de la première fois que Bouchard atteint la troisième ronde de la Coupe Rogers. Surtout, ses performances de mardi et mercredi font facilement oublier son cauchemardesque revers aux mains de Shelby Rogers il y a deux ans, sur la même surface.

«J’ai plus d’expérience et je gère l’attention autour de moi beaucoup mieux, de façon beaucoup plus détendue et plus positive, a expliqué Bouchard.

Face à une rivale reconnue pour sa combativité et sa ténacité, Bouchard l’a été davantage que la 11e tête de série. La Québécoise a donné le ton au début de chaque manche en brisant le service de Cibulkova.

«Avec mon entraîneur (Nick Saviano), nous avons décidé d’essayer de dominer le point dès sa première balle. Quand j’ai mis cette pression sur elle, ça m’a donné plus de chance. C’est comme ça que je veux jouer les points et à Wimbledon, ç’avait été le contraire.»

En contre-partie, lorsqu’elle était testée à son service, Bouchard n’a jamais plié. Ce fut le cas lors du deuxième jeu de la seconde manche, où elle a sauvé cinq balles de bris. Et lorsqu’elle a réalisé un autre bris dès le jeu suivant pour se bâtir une avance de 3-0, la foule s’est levée en bloc pour lui donner une chaleureuse ovation.

Bouchard en a mérité une seconde, plus bruyante encore deux jeux plus tard, lorsqu’elle a récupéré toutes les balles de sa rivale, autant à gauche qu’à droite, en route vers un troisième bris d’affilée au deuxième set.

«En fait, elle a disputé le genre de match que je devais jouer, a analysé Cibulkova, mais j’ai commis quelques erreurs au début. Nous avons toutes beaucoup de talent et lorsqu’une joueuse se sent en confiance, on a vu ce soir ce que ça pouvait faire. Mais sans rien enlever à Eugenie, qui a vraiment bien joué, je sentais que je manquais d’énergie. J’avais l’impression que c’était très difficile pour moi sur le terrain.»

Lors de son point de presse, Bouchard a précisé qu’elle avait été victime d’une inflammation gastrique mardi, et elle en ressentait encore les effets mercredi.

«Ce n’est pas complètement guéri, mais je me sens mieux et je prends les choses une journée à la fois. Je me sens suffisamment bien pour venir vous rencontrer. Je joue plus tard demain et j’aurai plus de temps pour récupérer», a-t-elle estimé.

Revers crève-coeur

Trahie par son manque d’expérience dans les moments cruciaux et par un service plus souvent qu’autrement déficient, Abanda retenait tout de même plusieurs éléments positifs à la suite de son élimination crève-coeur au 2e tour de la Coupe Rogers, mercredi après-midi.

Dans un duel qui aurait mérité d’être présenté sur le court central plutôt que sur le court Banque nationale, la Montréalaise de 19 ans s’est inclinée en deux manches, 7-6 (2), 7-6 (3) face à l’Ukrainienne Elina Svitolina, 20e joueuse mondiale.

L’affrontement a duré 1 h 58 et a tenu les spectateurs sur le bout de leur siège.

«J’ai gagné un premier match à Montréal, et c’est déjà mémorable pour moi. J’ai aussi appris que je pouvais tenir tête aux joueuses du top-30. Je suis passée vraiment près de gagner les deux bris d’égalité. C’est bon de savoir que je suis là», a déclaré Abanda, qui a bien apprécié le soutien de la foule lundi soir, sur le court central, et encore mardi.

Abanda a d’ailleurs fait allusion à son match de la veille, qui avait peut-être laissé des traces, a-t-elle laissé sous-entendre. On l’a senti dans les derniers moments du deuxième set alors qu’elle a été incapable de capitaliser à son service, avec des avances de 5-4 et de 6-5.

Et au bris d’égalité du deuxième set, elle a perdu les sept derniers points.

«Hier, j’ai joué un gros match, je me suis couchée tard et je me suis levée tôt, et je n’ai peut-être pas eu suffisamment de récupération. J’ai ressenti un épuisement mental dans les moments clés et je suis passée à côté. Ça ne garantissait pas que j’aurais gagné le 3e set, mais j’aurais aimé aller jusqu’au bout», a-t-elle admis.

Abanda a aussi reconnu que son service avait manqué d’efficacité, particulièrement ses premières balles.

«Quand ta première balle n’entre pas, tu perds confiance en ta deuxième balle. Pour cette raison, je cherchais à m’assurer de seulement mettre la balle en jeu», a-t-elle expliqué.

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