Les associations l’ont répété tout l’été, ce n’est pas parce que les manifestations sont de moins grande ampleur que le mouvement s’essouffle. Le retour des étudiants à la mi-août est toutefois très attendu et leur permettra de prendre le pouls quant à l’état d’esprit de leurs troupes.
«Le retour des étudiants à la mi-août nous permettra de faire le point», a affirmé Yanick Grégoire vice-président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ajoutant avoir hâte de pouvoir rétablir un contact plus direct auprès de leurs membres.
D’ici là, les fédérations étudiantes se réuniront le 12 août afin décider de leur stratégie en ce qui concerne la rentrée dans l’éventualité d’un scrutin le 4 septembre.
Les associations ont déjà fait connaître leur plan en vue des élections qui consistera principalement à encourager les jeunes à aller voter. Mais un scrutin ne signifie pas pour autant la fin du conflit. La FEUQ et la FECQ ont indiqué qu’elles comptaient réfléchir à «l’après», au cours de leur congrès de la mi-août. La possibilité que les libéraux soient réélus sera discutée à cette occasion.
«Qu’il y ait élections ou pas, la mobilisation va continuer cet automne et même cet hiver», a pour sa part déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE.
Les associations se disent aussi conscientes du risque qu’une rentrée en pleine campagne électorale soit instrumentalisée. Une rentrée mouvementée diviserait la population et pourrait aider le parti libéral. Une rentrée plutôt calme permettrait aussi au gouvernement de dire qu’il a eu raison de voter la loi 78.
«On va tout faire pour que ça se passe bien, a expliqué M. Grégoire. Mais peu importe comment ça se passe, les libéraux vont surfer là-dessus, ils l’ont fait au printemps en diabolisant les étudiants.»
Les associations ne comptent pas pour autant inciter les étudiants à retourner en classe en attendant de connaître le résultat des élections. «Les gens ont pris une grande maturité politique au cours de la grève alors on leur fait confiance pour la suite des choses», a souligné Camille Robert porte-parole de la CLASSE.
Avec la loi 78 qui interdit les piquets de grève dans un rayon de 50 mètres des limites externes d’un établissement scolaire, il pourrait toutefois être difficile de forcer le respect des votes de grèves.
Il est peu probable que les étudiants refusent de payer leur droit de scolarité à l’automne, mais M. Grégoire affirme que la question sera à l’étude au cours de leur congrès.
Les associations espèrent aussi être autorisées à porter en appel le recours en sursis contre la loi 78. Un juge devrait se prononcer prochainement sur l’autorisation ou non de l’appel.
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