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Lutte à l’agrile du frêne: les arbres maintenant traités gratuitement

Les propriétaires désirant faire traiter leurs frênes gratuitement n'ont désormais qu'à remplir un formulaire de consentement de la Ville avant le 31 juillet.

Zacharie Goudreault - Métro

Afin de contrer les ravages causés par l’agrile du frêne, la Ville de Montréal permet désormais aux propriétaires de traiter leurs arbres gratuitement. Elle met également les bouchées doubles dans la plantation d’arbres afin d’atteindre ses objectifs de verdissement de la métropole.

«On a réalisé que le traitement par le privé, c’était aussi cher que de les faire traiter gratuitement», a indiqué le responsable des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif, Luc Ferrandez, qui a expliqué que l’ancien programme de subventions pour les traitements de frênes entraînait de nombreux frais administratifs et délais reliés notamment aux inspections, au calcul de la taille des arbres, puis à «la remise d’un chèque» au propriétaire de l’arbre. 

L’an dernier, Montréal couvrait les deux tiers des frais de traitement des frênes, ce qui pouvait représenter, dépendant de la grosseur de l’arbre, une dépense d’environ 200$ par arbre pour les propriétaires ayant recours à cette subvention.

À l’opposé, les propriétaires désirant faire traiter leurs frênes gratuitement cette année n’auront désormais qu’à remplir en ligne un formulaire de consentement de la Ville avant le 31 juillet. Une mesure qui sera d’ailleurs reconduite dans les années à venir.

«Ça va continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de menaces pour les arbres, donc ça pourrait durer de 10 à 15 ans», a précisé M. Ferrandez au sujet de ce nouveau programme de traitement des frênes. 

Grâce à ce nouveau programme, la Ville espère traiter jusqu’à 10 000 frênes sur des terrains privés de la métropole cette année, contre 3864 en 2018.

«À un moment donné, l’agrile va avoir disparu», a lancé M. Ferrandez, qui estime que la Ville est en voie de «gagner la bataille» contre cet insecte ravageur, qui a forcé l’abattage de milliers d’arbres dans les dernières années. 

Le programme de traitement des frênes de la Ville a toutefois ses limites alors que le nombre d’arbres «traitables» ne s’élèveraient qu’à 5 à 10 000 frênes sur le domaine privé, qui en compte pourtant 45 000.

«Le programme de subventions est offert seulement pour les frênes qui sont situés sur des zones aménagées», a expliqué Anthony Daniel, conseiller en planification au Service des grands parcs, du verdissement et du mont Royal. Ainsi, «tous les frênes des milieux boisés privés», qui représentent une bonne partie des 45 000 à l’inventaire, ne peuvent bénéficier de ce programme municipal, a-t-il soulevé. 

Depuis 2012, la Ville a traité plus de 137 000 frênes, dont plus de 30 000 l’an dernier.

Abattages
Depuis 2012, plus de 57 800 frênes ont été abattus, dont près de 14 000 l’an dernier, indiquent des données fournies par la Ville.

Selon la réglementation municipale, tous les frênes dont le niveau d’infestation est trop grand pour pouvoir être traités doivent être abattus. Les propriétaires de ces arbres peuvent d’ailleurs recevoir jusqu’à 4000$ de la Ville pour financer cette intervention.

«Tous les propriétaires qui ont des arbres dépérissants sur leur territoire vont devoir les abattre», a rappelé Anthony Daniel.

Malgré ces abattages, la Ville maintient le cap sur son objectif de faire passer l’indice de canopée sur l’île de 20 à 25% d’ici 2025 en misant sur la plantation de milliers d’arbres.

L’an dernier, 28 967 arbres ont d’ailleurs été plantés à Montréal, soit environ 15 000 de plus que le nombre d’arbres abattus en 2018.

«L’enjeu, c’est qu’il ne reste plus de fosses d’arbres où planter. Il faut donc mettre ses ressources et ses énergies pour réaliser la déminéralisation et la création d’espaces pour planter des arbres», a soulevé M. Ferrandez. 

 

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