Des parents montréalais s’organisent afin que le service de transport scolaire soit maintenu à l’école de leur enfant.
À la prochaine rentrée scolaire, près de 700 enfants qui fréquentent l’une des trois écoles à vocation particulière de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) – Atelier et Fernand-Seguin, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, et Face, dans Ville-Marie – devront s’y rendre à chaque matin autrement que dans un autobus jaune si aucune solution n’est trouvée.
Pour des raisons budgétaires, la CSDM a décidé l’an dernier de couper ce service à ces écoles, tout en arguant que les subventions gouvernementales affectées au transport scolaire seront réduites si une contribution des parents était demandée. Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur lui a depuis précisé qu’il était possible de réclamer une cotisation aux parents en raison du caractère régional de ces écoles, a rapporté la conseillère stratégique au bureau de la présidence, Christine Mitton.
Selon une proposition de la CSDM, il en coûterait environ 600$ par famille pour que les élèves continuent à se rendre à leur école en transport scolaire pendant l’année scolaire 2016-2017, ce qui s’avère «le choix le plus économique» pour les parents, d’après le syndicaliste et ancien journaliste, Jocelyn Desjardins, qui est le père d’enfants fréquentant l’école l’Atelier. Un sondage est en cours auprès de ces familles pour voir si elles sont prêtes à assumer ces frais. Une décision doit être prise par la CSDM d’ici la fin de l’année, a insisté Mme Mitton.
Lors d’une réunion lundi soir où plus de 200 parents d’élèves étaient réunis, une seule personne s’est opposée à contribuer financièrement au transport scolaire, a rapporté M. Desjardins à Métro. «Sur le sondage lancé par la CSDM, les parents ont voté de refuser d’y répondre, à 191 contre 11, a-t-il souligné. Nous demandons à la CSDM de retravailler ses propositions.» Il croit que le montant proposé ne tient pas compte du caractère particulier de Montréal.
«Notre but, ce n’est pas que [la contribution parentale] devienne un montant qui soit payé de façon permanente par les parents parce que c’est un montant qu’on aurait à payer pour le caractère urbain de Montréal. On veut que le gouvernement joue son rôle.» –Jocelyn Desjardins, syndicaliste et parents d’élèves fréquentant une école à vocation particulière
Ces parents, qui bataillent pour le maintien du service de transport scolaire à l’école de l’enfant, ont d’ailleurs créé une coalition lors de leur rencontre de lundi soir, afin d’élargir la réflexion sur le sujet.
«Le gouvernement du Québec ne finance jamais les coûts réels [du transport scolaire], mais il le finance de façon égale, partout au Québec, moyennant des calculs savants, a dit M. Desjardins. La CSDM, à cause de son caractère urbain, a des trous immenses dans son budget.»
Le syndicaliste a donné l’exemple des élèves handicapés, qui sont plus nombreux à Montréal qu’ailleurs en raison de la concentration de services, ce qui fait que la CSDM doit piger 3M$ dans son budget pour les déplacer dans quelque 200 fourgonnettes.
La coalition se demandera un débat d’urgence sur le transport scolaire au comité central des comités de parents de la CSDM. «[Mercredi], on va se présenter au conseil de commissaires pour faire valoir notre point de vue», a ajouté Jocelyn Desjardins.
La CSDM est de son côté en discussion avec une autre commission scolaire montréalaise pour mieux partager leurs ressources, notamment en ce qui concerne le transport scolaire.