Montréal
13:07 4 mai 2020 | mise à jour le: 5 mai 2020 à 17:34 temps de lecture: 4 minutes

Réouverture des écoles: la CSDM et la CSMB écouteront la santé publique

Réouverture des écoles: la CSDM et la CSMB écouteront la santé publique
Photo: Archives MétroQuébec a dévoilé lundi son intention de rouvrir les écoles primaires et les services de garderie à compter du 11 mai. Pour la région de Montréal, il faudra attendre au 19 mai.

Alors que les commissions scolaires anglophones du Québec veulent décider elles-mêmes de la date de réouverture de leurs écoles, les organisations du côté francophone affirment qu’elles se plieront à l’échéancier du gouvernement Legault. Celui-ci rouvrira l’ensemble des écoles dès le 11 mai au Québec, et le 19 mai dans le Grand Montréal.

«Actuellement, toutes les équipes s’affairent à préparer le retour en classe. Notre priorité et notre principale préoccupation demeurent la sécurité de notre personnel et des élèves et nous nous assurerons de déployer les mesures demandées», indique la directrice des communications de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Chrystine Loriaux.

Elle ajoute que son organisation suit «l’évolution de la situation de très près». «Nous n’hésiterons pas à mettre en place des nouvelles actions préventives, le cas échéant», assure-t-elle.

Même son de cloche à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), où le porte-parole Alain Perron est sans équivoque.

«Pour notre part, nous appliquons les directives du ministère de l’Éducation en lien avec les recommandations des autorités de la santé publique.» -Alain Perron, porte-parole de la CSDM

Les écoles anglophones résistent à la réouverture

Cette position contraste durement avec celle de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ). Dans un avis envoyé vendredi au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, le regroupement affirme qu’«il relève de notre responsabilité de prendre les bonnes décisions pour nos communautés».

Au-delà des échéanciers, l’organisation dénonce que le plan du gouvernement soit précipité, et qu’aucun de ses membres n’ait été consulté dans le processus.

«Ce plan annoncé précipitamment par le gouvernement a eu pour effet d’accroître considérablement les niveaux d’anxiété et de stress, notamment chez les enseignants et les parents.» -Les membres de l’ACSAQ

«Les parents vont décider», réitère Legault

Appelé à réagir lundi, le premier ministre François Legault a réitéré que les parents auront toujours le dernier mot. «Ce sont eux qui vont décider. Cela dit, la responsabilité des commissions scolaires, c’est de rouvrir les écoles quand on dit de le faire», tonne-t-il.

«On parle du 19 mai, donc nous avons encore deux semaines devant nous. On comprend que ce n’est pas parfait, mais les commissions scolaires ne peuvent pas décider», ajoute M. Legault. Selon lui

«J’aurais envoyé mes enfants. Moi, je pense que c’est sécuritaire. Cela dit, on ne doit pas faire de reproche aux parents. Il y a de l’anxiété dans la société, et je comprends très bien que certains ne sont pas à l’aise.» -François Legault, premier ministre du Québec

Une question de «pouvoir politique»?

Pour le Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île (SEPI), les commissions scolaires anglophones ont pris une bonne décision en refusant de se plier à l’autorité du gouvernement. Le contexte n’est plus le même depuis le projet de loi 40, dénonce-t-il.

«Elles ont des commissaires, donc des pouvoirs politiques qui existent encore.  Du côté francophone, on n’a que des fonctionnaires. Ce projet de loi a mené à une grande centralisation des pouvoirs.» -Serafino Fabrizi, président du SEPI

Une analyse qui est partagée par la présidente de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal (APPM), Catherine Beauvais-St-Pierre. Elle avance que les commissaires scolaires, en tant qu’élus, sont redevables à la population.

«Le ministre nous dit de mettre des élèves dans des bibliothèques ou des locaux d’arts plastiques. Le hic, c’est qu’il y a beaucoup de nos écoles qui n’en ont plus, dénonce Mme Beauvais-St-Pierre. Plusieurs des mesures sanitaires annoncées par le ministre ne sont pas applicables dans notre milieu.» Les deux présidents syndicaux rappellent que le contexte montréalais «n’est pas le même», les écoles de la métropole étant «déjà surpeuplées».

En collaboration avec Félix Lacerte-Gauthier

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