Le témoignage de l’ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, se poursuit à la Commission Charbonneau lundi et promet d’être croustillant.
Après avoir parlé de corruption à Montréal et financement illégal pour le Parti libéral, M. Zambito s’intéressera maintenant à la couronne nord et à Laval.
Au début de témoignage, le 27 septembre, M. Zambito avait déclaré avoir réalisé des contrats à Montréal, à Boisbriand, à Sainte-Thérèse, à Rosemère et pour le ministère du Transport du Québec.
Il a aussi travaillé à quelques reprises à Laval. Même s’il a affirmé le 1er octobre que la mafia n’y est pas présente, M. Zambito a indiqué que d’autres mécanismes étaient en place concernant la collusion et la corruption. Son entreprise, Infrabec, ne faisait pas partie du «cercle» d’entrepreneurs qui se partageaient les contrats de Laval et selon lui, il n’était pas le bienvenu.
L’ex entrepreneur, aujourd’hui recyclé dans la restauration, n’a pas attendu la reprise des travaux pour faire parler de lui. Dans une entrevue réalisée bien avant le début de la Commission, mais diffusée jeudi par Radio-Canada, M. Zambito affirme avoir versé 25 000$ en pot-de-vin à l’attention du maire de Laval, Gilles Vaillancourt. Ce montant était le prix à payer pour l’obtention d’un contrat de 2 M$ pour des travaux sur boulevard Cléroux à Laval, en 2003.
M. Vaillancourt a réfuté ces informations, mais il n’est pas au bout de ses peines. M. Zambito a déjà révélé que les relations étaient tendues entre sa famille et M. Vaillancourt.
Lino Zambito est le neveu de Jean Rizzuto, propriétaire du marché 440. Ce dernier est le frère du sénateur Pietro Rizzuto, décédé en 1997. M. Zambito a déjà précisé que cette branche des Rizzuto n’a aucun lien de parenté avec le clan mafieux de Nicolo et de Vito Rizzuto.
Jean Rizzuto avait brigué sans succès la mairie de Laval face à Gilles Vaillancourt, en 1993. «Mon oncle, ma famille, ce n’est pas l’amour […] l’amour fou. On ne s’invite pas au même banquet», a-t-il dit au cours d’une partie de témoignage qui était jusqu’à la semaine dernière frappée d’une ordonnance de non-publication.
M. Zambito a même refusé d’organiser des activités de financement pour l’ancienne ministre Michelle Courchesne en raison de ses affinités avec M. Vaillancourt. «C’est hors de question que moi j’organise quoi que ce soit pour Mme Courchesne parce que pour moi, […] c’est une ministre qui est proche du maire Vaillancourt».
Rappelons que M. Vaillancourt a été perquisitionné les 4 et 5 octobre derniers pas l’Unité permanente anticorruption (UPAC).