Montréal

Charles Lapointe: «Montréal s’embellit de jour en jour»

À la tête de Tourisme Montréal depuis plus de 20 ans, Charles Lapointe est l’un des plus grands promoteurs de la métropole à l’étranger. Si les Montréalais ont parfois une image moche de leur ville, les touristes y posent un regard beaucoup plus rose… et sans cônes orange! Métro s’est entretenu avec l’homme de 68 ans.

Montréal en lumière s’ouvrira sous peu. D’ailleurs, depuis quelques années, Montréal a vu naître des événements importants pendant la saison froide. Croyez-vous que la ville remplit son mandat de destination hivernale?
Je pense qu’on ne remplit pas notre mandat dans le sens où les hôtels ne sont pas aussi occupés que nous le souhaiterions. Mais petit à petit, on sent une renaissance. Lorsqu’on examine les articles qui paraissent à l’extérieur du Québec, on se rend compte que nos événements hivernaux ont de plus en plus de reconnaissance. C’est le cas d’Igloofest, par exemple. Bien sûr, il y a aussi les parties de hockey. On remplit le centre-ville chaque fois qu’il y a un match. On était content que la saison reprenne.

Avez-vous mesuré l’impact du lock-out?
Je connais un hôtel près du Centre Bell qui loue normalement à peu près 6 000 chambres par hiver uniquement pour le hockey. Il y a eu un impact certain. Les gens de la restauration mentionnaient qu’avant la reprise, ils avaient connu une baisse d’environ 30 % de leur chiffre d’affaires.

Sur quoi Montréal doit-elle miser? Est-il bon, pour l’image de la ville, de mettre de l’avant nos clichés nordiques?
Oui, il faut garder nos clichés. C’est joli. Nous restons une ville d’hiver. Il faut miser sur la neige – sans dire qu’il fait trop froid! –, mais il faut d’abord présenter la panoplie d’activités que nous avons à offrir, peu importe la saison.

Quelles sont les faiblesses de Montréal? Sur quoi devra-t-on travailler dans les années à venir?
Montréal est en constante amélioration. Elle s’embellit de jour en jour. Il faut toujours nous assurer que notre ville soit animée. Là-dessus, on est une des meilleures destinations en Amérique du Nord. Il faut s’assurer qu’on y mange bien. Il faut s’assurer que le shopping soit bon. Nous gardons les yeux sur l’aménagement de la ville. Les Montréalais vont parfois gueuler à propos des cônes orange, mais ça n’incommode pas les visiteurs! Les problèmes de circulation n’apparaissent pas dans nos sondages auprès des touristes. Par ailleurs, Montréal est certainement la ville la plus originale en Amérique du Nord. La symbiose qui existe entre les francophones et les anglophones ou les allophones est merveilleuse. Lorsque j’entre dans un magasin et qu’on me salue en anglais, ça ne me donne pas de l’urticaire. Je dis bonjour et on poursuit la conversation en français. On est habitués aux deux langues. Il faut préserver ça. C’est bon pour les touristes. Ça les séduit d’entendre dans la rue les deux langues.

Faudrait-il avoir un affichage touristique bilingue?
Non. Il faut affirmer notre caractère de ville francophone dans notre affichage. Pour le reste, c’est simplement une question d’hospitalité et de politesse.

Montréal a-t-elle besoin d’un autre Expo 67?
Je ne pense pas que la conjoncture actuelle fasse qu’on ait un autre événement du genre rapidement. Cependant, je fonde beaucoup d’espoir sur les fêtes du 375e de la ville et du 50e d’Expo 67, en 2017.

Peut-on parler d’une portée internationale?
Je pense que oui. Il y aura certainement un legs d’Ottawa, un legs de Québec, des legs de certaines villes associées à Montréal. Je suis très optimiste pour 2017, comme je suis optimiste pour 2013, où on aura les Mosaïcultures, le Musée Grévin, le Planétarium. On a un produit qui évolue en qualité.

Une œuvre emblématique pour le futur pont Champlain est-elle un atout essentiel pour Montréal?
C’est un attrait majeur. Je crois qu’on réussira à coaliser l’opinion publique autour de l’importance d’une grande œuvre architecturale. C’est important que nous insistions, d’abord, pour qu’il y ait un concours international de design. On a quelques signatures à Montréal, mais le nouveau pont pourrait devenir la signature ultime.

Vous avez été le premier, en 2007, à réclamer le déménagement de L’Homme, de Calder, du parc Jean-Drapeau vers l’île. Êtes-vous toujours de cet avis?
Oui. Je le vois au nord-ouest de l’intersection des Pins et du Parc, au pied de la montagne. C’est l’œuvre d’art publique
la plus importante au Canada en termes de valeur (de 60 à 100 M$) et elle est peu accessible. Seattle a déplacé un Calder il y a quelques années pour l’amener au centre-ville et il en a découlé un très grand parc de sculptures. Si, en fin de compte, on ne la déplace pas, on aura au moins réfléchi à l’art public à Montréal et on y sera peut-être plus sensible.

Quel est votre souhait pour Montréal?
J’aimerais démontrer aux Montréalais à quel point il est important que nous vivions en harmonie. J’ai du mal à supporter les tensions entre anglophones et francophones. Je ne comprends pas ça! C’est à cause de cette mixité que j’ai choisi de vivre à Montréal. Il faut que les Montréalais épousent ça! Que ça devienne quelque chose qui est emballant pour nous aussi. Il faut mettre l’accent sur l’interculturalité. C’est ce qui nous donne notre originalité. Alors, bâtissons là-dessus.

Le climat politique qui a régné à Montréal ces derniers mois vous a-t-il inquiété?
Montréal se développe bien. Comme citoyens, on est frustrés d’avoir été fourrés. On est en train de mettre en place les moyens pour corriger la situation. Ce qui est encourageant, c’est que ça ne dérange pas les touristes. Je suis préoccupé comme Montréalais et je suis content qu’on agisse, mais Montréal a pu se développer malgré tout.

Comment vendre Montréal?
Nous avons demandé à Charles Lapointe de nous dire ce qu’il vendait aux touristes, suivant leur provenance.

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