J’ai un couple d’amis
qui a un jeune enfant. Un jour, cet enfant est malade et n’arrête pas de
pleurer. Des voisins, apeurés par les pleurs du petit, ont appelé la police:
ils pensaient qu’un enfant se faisait maltraiter… Ma réaction initiale a été de
penser que ces gens ne se mêlaient vraiment pas de leurs affaires. Mais je me
questionne sur la possibilité qu’on se fiche peut-être un peu trop de ce qui se
passe près de chez nous.
À Montréal, la
proximité entre voisins fait partie du quotidien. La ruelle qui sépare deux
cours arrières semble souvent un peu trop étroite pour favoriser l’intimité. Je
ne crois pas être la seule à vivre cela, mais à cause de cette grande proximité
entre voisins, il m’arrive assez souvent d’entendre ce qui se passe chez eux.
J’entends donc crier,
pleurer, rire, sacrer et un peu trop souvent gueuler. Ce qui me met
particulièrement mal à l’aise, c’est lorsque j’entends des parents insulter
leurs enfants, leur sacrer après, voire même les «bardasser» un peu. À chaque
fois, je me demande à quel moment, en tant que citoyen, on peut s’immiscer dans
les affaires des autres? Est-ce que je dois agir lorsque j’entends une voisine
crier plusieurs fois par semaine à son enfant : «Ta gueule mon p’tit %&*$#» ?
Quand j’entends un
parent jurer après un enfant, le tirer par un bras ou le faire tomber par
terre, que devrais-je faire? Appeler la police? La DPJ? Ou simplement me mêler
de ce qui me regarde? Les libertés individuelles priment-elles sur les devoirs collectifs?
Qu’en pensez-vous?