Montréal

Des bars de Montréal craignent d’avoir à fermer en raison de quelques récalcitrants

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Nazim Tedjini est le propriétaire du bar La Voûte, dans le Vieux-Montréal.

Plusieurs propriétaires de bars craignent d’écoper pour les comportements de quelques récalcitrants dans le contexte de la pandémie de coronavirus, alors que le gouvernement du Québec n’écarte pas la possibilité d’ordonner une nouvelle fermeture de ces établissements.

Depuis que le gouvernement Legault a autorisé la réouverture des bars et des discothèques, le 25 juin, de nombreux établissements montréalais ont repris leurs activités tout en respectant les règles sanitaires en vigueur, ce qui a impliqué des dépenses importantes pour ceux-ci.

La boîte de nuit La Voûte, qui a rouvert ses portes vendredi dans le Vieux-Montréal, a par exemple dépensé quelque 20 000$ afin de prévenir la propagation du coronavirus dans l’établissement. Des employés prennent notamment la température des clients, qui doivent obligatoirement porter le masque au moment d’entrer dans la boîte de nuit. L’endroit, normalement dansant, mise également maintenant sur des places assises séparées par des vitres protectrices.

«Évidemment, on a attiré beaucoup moins de monde qu’à l’habitude et c’est ce qu’on voulait en temps de pandémie. […] Si on avait ouvert à plein régime maintenant, ça aurait été une catastrophe», indique à Métro le propriétaire de La Voûte, Nazim Tedjini.

Éviter les «attroupements»

L’Amère à boire, sur la rue Saint-Denis, a pour sa part décidé de ne plus permettre à ses clients de prendre un verre à l’intérieur et de miser plutôt sur ses terrasses. Les clients doivent aussi commander leur consommation de l’extérieur, devant un plexiglas, avant d’aller s’asseoir sur de larges chaises individuelles.

«On a sacrifié beaucoup de capacité d’accueil, mais dans le contexte actuel, il n’y a pas beaucoup de clients au centre-ville, donc il n’y a pas de débordement», affirme à Métro le copropriétaire de la brasserie artisanale, René Guindon. Ce dernier a toutefois décidé de fermer son établissement plus tôt en soirée afin de limiter le nombre de clients qui pourraient négliger la distanciation physique après quelques verres.

«Après une certaine heure, ça devient trop difficile. On doit mettre trop d’énergie pour contrôler la circulation», souligne celui qui veut à tout prix éviter des «attroupements».

Établissements récalcitrants

Ce weekend, un bar du quartier Dix30, à Brossard, a défrayé la manchette après que la Direction de santé publique de la Montérégie ait appelé les clients ayant fréquenté le Mile Public House le 30 juin à effectuer un test de dépistage. Des clients atteints du coronavirus auraient alors fréquenté l’établissement.

«Le temps n’est pas avec nous. Ça fait déjà deux semaines, deux weekends. On va probablement entendre parler d’autres éclosions ailleurs. Si ça continue, on va retourner à une fermeture totale», appréhende M. Tedijini.

Le propriétaire du restaurant Le Speakeasy, dans le Vieux-Montréal, Nicolas Delrieu, a d’ailleurs fait une sortie sur les réseaux sociaux lundi pour déplorer que de nombreux établissements ne respectent pas les règles sanitaires en vigueur. Il craint un nouveau confinement si les bars récalcitrants ne s’attaquent pas de façon plus agressive au coronavirus.

«Il y a des commerces qui ne font rien. […] Les serveurs n’ont pas de masque, les cuisiniers n’ont pas de masque, les tables se touchent entre elles. Ce n’est pas raisonnable», s’insurge M. Delrieu lorsque joint par Métro. Le propriétaire, qui a mis en place des mesures sanitaires strictes dans son établissement, craint maintenant une nouvelle vague de fermeture des bars et des restaurants en raison de ces établissements délinquants.

«Si on ferme tout, il y aura des faillites, il y aura des prêts à payer et des taxes qui sautent. Il y aura énormément de gens au chômage.» -Nazim Tedjini, copropriétaire de La Voûte

Québec prêt à fermer des établissements

En conférence de presse lundi après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, a servi un ultimatum aux propriétaires d’établissements privés dans le milieu du divertissement.

«Les fautifs devront être sanctionnés et nous n’hésiterons pas à fermer les établissements au besoin. Nous ne laisserons pas passer une autre fin de semaine comme celle-ci», a déclaré Christian Dubé. Il a notamment indiqué que certains commerces pourraient écoper d’amendes, voire devoir fermer leurs portes. Il a également évoqué la possibilité d’un nouveau reconfinement des bars, si nécessaire.

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