Montréal

Les restaurateurs hors centre-ville sont insatisfaits du plan d’aide de la Ville

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Des restaurateurs dénoncent que l’aide soit réservée au centre-ville.

Éprouvés par la crise, des restaurateurs de l’extrémité est de l’île de Montréal se disent frustrés de ne pas avoir accès à l’aide de 4 M$ annoncée récemment par l’administration Plante pour la relance de la restauration dans le secteur du centre-ville.

Le vendredi 7 mai, l’administration Plante a annoncé un nouveau Fonds de relance des bars et des restaurants du centre-ville «élargi» de 4 M$ permettant aux restaurateurs de ce territoire de rembourser 90% des dépenses encourues pour attirer la clientèle. S’ajoute à cela une somme de 500 000$ pour la mise en place d’un système de promotion, de commande et de livraison pour l’ensemble de Montréal.

Dans RDP-PAT, la nouvelle passe mal pour plusieurs restaurateurs. Mathieu Huppé, propriétaire du Boulzeye, a interpellé par courriel la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et la mairesse de l’arrondissement, Caroline Bourgeois, demandant que «la mairesse soit celle de tout Montréal et non seulement d’une portion.»

«Comme tout le monde, on est fermé depuis un an», dénonce-t-il. Bien qu’il reste en affaires grâce à des programmes de PME MTL, c’est «loin de couvrir les pertes».

Un sentiment d’injustice que ressent Désiré Steward, propriétaire du restaurant Al’s Pizzeria et sous-marins à Rivière-des-Prairies. Les livraisons sont loin d’être suffisantes pour son chiffre d’affaires, dénonce-t-il. «On a exactement le même problème que le centre-ville.»

Francis Bérubé, analyste principal des politiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, concède que le centre-ville est fortement affecté par la pandémie. Malgré tout, il affirme que la FCEI est en faveur de «tout ce qui est de l’aide directe. (…) Mais à l’attention de tous».

Une aide financière aux restaurateurs déjà disponible, dit la ville

Interpellée sur la question, Mme Bourgeois soutient être «très sensible à la situation des restaurateurs». Or, elle tient à souligner que de l’aide financière existe déjà pour l’Est.

Véronique Doucet, directrice du Service de développement économique de la Ville de Montréal, mentionne qu’en plus des 50 M$ dans le programme d’aide d’urgence de PME MTL, 1,5 M$ est disponible sous forme de subventions pour l’ensemble de Montréal, notamment via le Fonds de consolidation des activités commerciales et le Fonds Entrepreneuriat commercial.

Annie Bourgoin, directrice générale de PME Est-de-l’Île, confirme qu’environ une trentaine d’entrepreneurs pourraient toujours bénéficier de ces fonds.

«Il y a quand même des entreprises qui peuvent tomber dans des contextes précis, qui font peut-être en sorte qu’ils ont accès à moins d’aide que d’autres», ajoute-t-elle.

C’est le cas du centre de divertissement Boulzeye, qui «tombe dans les craques du système». «Malgré qu’on ait investi 80 000$ dans le développement technologique pour être sans contact, on ne rentre dans aucune catégorie pour avoir les subventions.»

Le restaurant Tomate et Basilic profite déjà de cette subvention. Mais malgré les aides financières dont il bénéficie, le propriétaire Vincent Arsenault «roule à 30%» de son rendement habituel. «[L’aide offerte pour le centre-ville] aurait été une bonne aide complémentaire. Si la crise continue, il va falloir investir au niveau de nos terrasses, agrandir, ajouter des places. Ça coûte cher.»

D’autres restaurateurs contactés, comme Karl-Jude Cetoute, propriétaire de Duo de Chef à RDP, ne connaissaient pas l’existence de ces fonds d’aide offerts par PME MTL.

L’opposition dénonce

Du côté d’Ensemble Montréal, on dénonce aussi le choix de prioriser le centre-ville. «Je ne sais pas pourquoi les autres seraient laissés pour compte. Ils sont exactement dans la même situation», indique Suzanne Décarie, conseillère de la ville du district Pointe-aux-Trembles.

Dénonçant une certaine partisanerie dans cette annonce, elle soutient que le secteur visé par l’annonce touche des «secteurs où Projet Montréal est en majorité.»

En réponse, Mme Bourgeois souligne que ce programme est le fruit d’une entente avec le gouvernement provincial sur la relance économique de Montréal.

«C’est un programme qui n’est pas fait en fonction de partisanerie politique au contraire, mais en fonction des besoins des entreprises. (…) Le soutien est offert à l’ensemble de l’île.»

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