Malgré la défaite du Bloc québécois aux élections fédérales et la crise que traverse actuellement le Parti québécois (PQ), il ne faut pas enterrer trop vite le projet souverainiste, a dit en substance Gilles?Duceppe, hier à RDI, lors de sa première entrevue télévisée depuis la défaite du 2 mai.
L’ancien chef bloquiste a réitéré son soutien à la chef Pauline Marois et lancé un appel à l’unité. «On ne peut pas aller en élection avec six ou sept partis, a-t-il dit. Il faut revenir à ce qu’on a en commun et se dire : « Soyons responsables ».» Reconnaissant que la crise traversée par le parti est «grave», il a toutefois rappelé que de telles crises avaient déjà eu lieu et que, dans cette «période insécurisante», il fallait se rassembler.
Interrogé par Anne-Marie Dussault sur son bilan des élections du 2 mai, Gilles Duceppe a estimé que les Québécois reconnaissaient que le Bloc avait «bien fait [son] travail», tout en affirmant qu’il fallait analyser les causes de la lassitude observée chez les électeurs à l’égard du parti.
L’ancien député de Laurier–Sainte-Marie a sonné l’alarme quant à l’assimilation des Québécois par le?Canada : si rien ne change d’ici 10 ou 15 ans, affirme-t-il, ils seront assimilés par le Canada, à l’instar des Franco-Canadiens ou des Acadiens.
Au chapitre de son avenir politique, Gilles Duceppe est resté vague, affirmant que le citoyen en lui s’exprimerait publiquement, sans pour autant être là pour «distribuer les blâmes et les fleurs». «Je donne du temps au temps, a-t-il dit. Il faut le temps de refaire ses forces; après je verrais.»