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14:40 18 août 2020 | mise à jour le: 18 août 2020 à 17:20 temps de lecture: 5 minutes

Chrystia Freeland est assermentée à titre de ministre des Finances

Chrystia Freeland est assermentée à titre de ministre des Finances
Photo: Hector Vivas/Getty ImagesChrystia Freeland

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a officiellement été assermentée mardi après-midi à titre de ministre des Finances, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays.

L’assermentation de Mme Freeland, qui a eu lieu dans le cadre d’un mini-remaniement ministériel annoncé à Rideau Hall, a été suivie d’une vague d’applaudissements de la part de différents membres du gouvernement Trudeau présents sur place.

À titre de vice-première ministre, Mme Freeland a eu notamment la tâche épineuse de conclure un nouvel accord de libre-échange commercial avec les États-Unis et le Mexique. En plus de conserver ce titre, l’élue libérale dirige maintenant le ministère occupé jusqu’à maintenant par Bill Morneau. Ce dernier a annoncé lundi soir qu’il quittait son poste de ministre des Finances et de député de Toronto-Centre, cinq après son entrée en poste, en 2015.

Mme Freeland perd toutefois le chapeau de ministre des Affaires intergouvernementales, un poste qui l’a amenée à être chargée de rétablir et de maintenir de bonnes relations avec les provinces. Le député de la circonscription de Beauséjour, Dominic LeBlanc, est maintenant responsable de ce ministère.

Relance économique

Le prochain défi qui attend Mme Freeland à titre de ministre des Finances sera de piloter la relance économique du Canada. Un enjeu de taille alors que le pays est accablé par la pandémie et qu’il a enregistré un déficit record de 343 G$, le plus important du pays depuis la Seconde guerre mondiale. 

«Je me réjouis de l’équipe que nous avons maintenant pour nous attaquer à notre plan de relance», a affirmé Justin Trudeau mardi lors d’un point de presse, peu avant 16h. Celui-ci a d’ailleurs justifié ce déficit monstre par l’importance de soutenir la population, dont la situation financière est mise à mal en raison de la crise sanitaire.

Présente aux côtés de M. Trudeau, Chrystia Freeland a d’ailleurs tenu à saluer le travail accompli au cours des cinq dernières années par Bill Morneau.

«Je suis consciente que je suis la première femme à être ministre des Finances. Il était temps que l’on brise ce plafond de verre.» -Chrystia Freeland

Un discours du Trône le 23 septembre 

Le premier ministre Justin Trudeau a par ailleurs confirmé mardi qu’il avait demandé à la gouverneure générale, Julie Payette, l’autorisation de suspendre les travaux du Parlement. Ceux-ci reprendront à la suite d’un discours du Trône qui aura lieu le 23 septembre. Le gouvernement Trudeau présentera également une mise à jour économique.

«Le dernier discours du Trône ne faisait aucune mention de la COVID-19. Nous devons changer cela pour tenir compte de la réalité actuelle», a justifié M. Trudeau. Ce dernier a d’ailleurs assuré que la prorogation du Parlement ne vise pas à étouffer l’enquête sur l’affaire UNIS, soulignant que les élus pourront «continuer de poser les questions qu’ils veulent» au moment de la rentrée parlementaire.

«Est-ce que la prorogation du gouvernement sauvera la législature de M. Trudeau? Rien n’est moins certain. Mais il s’expose lui-même, à ce moment-là, à un vote sur le discours du Trône. Et si le discours du Trône ne contient pas ce qui est exigible, bien il ne survivra pas à son propre discours du Trône», a prévenu lors d’un point de presse en Gaspésie, mardi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Celui-ci n’aurait pas alors à présenter une motion de censure pour tenter de faire tomber le gouvernement, a-t-il laissé entendre.

«Nous pensons que le Parlement est un endroit important pour veiller sur le sort des Canadiens», a pour sa part déclaré, depuis Vancouver, le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh. Celui-ci a toutefois indiqué que sa priorité n’est pas de déclencher des élections hâtives, mais plutôt d’«aider les familles».

«Mais si le gouvernement libéral continue de livrer l’aide pour lui-même au lieu des gens, on va être ouverts à toutes les options», a-t-il ajouté.

Démission de Justin Trudeau réclamée

De son côté, le porte-parole du Parti conservateur du Canada en matière de Finances, Pierre Poilievre, a de nouveau réclamé la démission du premier ministre du Canada, mardi.

«S’il y a un politicien qui a reçu des cadeaux qui valent beaucoup d’argent, des gens auxquels le gouvernement a versé beaucoup d’argent, bien on parle du premier ministre», a-t-il laissé tomber.

À deux reprises, Justin Trudeau a été reconnu coupable d’avoir enfreint la Loi sur les conflits d’intérêts, a-t-il rappelé.

Par ailleurs, la mère, le frère et l’épouse du premier ministre ont reçu ces dernières années plus de 300 000$ pour des conférences qu’ils ont données dans le cadre d’événements de l’organisation UNIS. Une somme à laquelle s’ajoutent des frais directs de plus de 200 000$, notamment pour financer leurs déplacements.

«Justin Trudeau est responsable de ces scandales, donc c’est lui qui devrait démissionner», a martelé M. Poilievre.

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