Montréal

Moi, je suis plus meilleur…

Il y a une règle de base qu’on ne devrait jamais négliger dans le showbiz : toujours donner au public ce qu’il a envie d’entendre. Maintenant que le Cirque du Soleil et le cirque de Michael Jackson ne font plus qu’un, est-ce que The Immortal World Tour offre ce à quoi l’ours moyen est en droit de s’attendre? Non.

 Le Cirque et les concepteurs du spectacle sont tombés dans un bien vilain piège : celui de vouloir nous montrer qu’ils étaient les uniques dépositaires du savoir. Que pendant toutes ces années, nous n’avions absolument rien compris au grand gamin de Neverland. En privilégiant des chansons obscures – pour ne pas dire tout à fait inconnues – plutôt que des’en tenir aux gros hits que les gens ont aimés, on a profité de cette ultime opération pour nous faire comprendre qu’il y avait un Michael pour les bolles – qui avaient tout saisi – et un autre pour la pauvre masse inculte qui avait tout gobé sans discernement. Résultat : dans un élan de révisionnisme, on a escamoté vite-vite Billie Jean, Beat It et autres méga-hits pour nous enfoncer dans le fond de la gorge plusieurs patentes que personne, ou presque, n’avait jamais entendues. Pas fort et, j’ajouterais, prétentieux au max.

Il arrive souvent que des artistes se mettent le doigt dans l’œil en voulant se placer au-dessus de la mêlée. Ça me rappelle, entre autres, quand Beau Dommage avait décidé de ne plus jouer La complainte du phoque en Alaska, que le public adorait et réclamait à grands cris, pour laisser de la place à d’autres bijoux cachés sur la face B (et parfois même sur la face C…) de leurs 45-tours… Comme je me souviens de cet hommage qu’on avait rendu à Plume Latraverse au Gala de l’Adisq en 2002. Quelques artistes avaient été sollicités pour venir interpréter leur chanson préférée du grand flanc mou. Vous auriez dû voir le buffet, vous autres! C’était à savoir qui allait fouiller dans le plus creux du fond de la poche pour en tirer la chanson la moins connue et la plus plate d’un répertoire pourtant bien garni. Juste pour montrer qu’un tel en connaissait une coche de plus que l’autre. Tout ceci en se balançant évidemment totalement des goûts du fan moyen qui allait regarder le numéro à la télé. «Qu’y aillent su’l yâble», qu’un savant chanteur invité avait répondu à l’époque. En français, il y a un mot pour qualifier cette attitude. Ce mot s’épelle m-é-p-r-i-s.

Tant que Ti-Jos Public paye sa place, puis se ferme la trappe, ça fait toujours bien un autre client satisfait…

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Plutôt que d’appeler la commission d’enquête que tout le monde réclame, Jean Charest préfère aller jouer au «peddler» en Europe pour vendre le Québec. Que voulez-vous? Le sens des priorités, tu l’as ou tu l’as pas…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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