Depuis le temps qu’on s’attendait à ce qu’un joueur de hockey professionnel se fasse tuer, bien voilà, c’est fait. Et trois fois plutôt qu’une à part de ça. Deux suicides et une overdose depuis la mi-mai. D’accord, les trois gars ne sont pas morts sur la patinoire. Pas nécessaire, puisqu’ils y avaient déjà sacrifié leur vie. Le résultat demeure donc… 3 à 0 en faveur du non-sens.
Trois joueurs de hockey. Trois gros gars qui avaient entre autres spécialités de taper sur la gueule des autres tout en recevant leur part de coups de masse dans le front. Trois jeunes hommes de 27, 28 et 35 ans. Tous morts. Sans compter ceux qui les ont précédés. Des crises cardiaques dans la quarantaine, des victimes de démence précoce, des physiques gonflés aux stéroïdes qui ont fini par péter sans raison. C’était quoi déjà la devise du baron de Coubertin? Ah oui : plus vite, plus haut, plus fort… Relisez l’énoncé une deuxième fois et vous allez constater que le souhait du baron a été suivi à la lettre par le hockey professionnel. Pour le pire et pour l’encore pire.
Non, ce n’est pas normal de se battre à grands coups de poing dans la face pour avoir raison de son adversaire. Non, ce n’est pas normal non plus de lui rentrer la tête sur le bord de la rampe avec le dessein évident de le blesser. Et non, avec le gabarit des joueurs contemporains, ça n’a même plus aucun sens de «finir» sa mise en échec. Tout comme ce n’est plus normal de prévoir des pénalités de 2, 5 et même 10 minutes pour des gestes qui, s’ils étaient perpétrés hors glace, seraient jugés comme des actes criminels. Et non, qu’on se le dise une fois pour toutes, tout ceci ne fait pas «partie de la game». Ni les batailles, ni les tentatives de meurtre, ni les commotions multiples, ni les dépressions, ni les suicides…
Faute de rendre la vie à ces trop nombreuses victimes, faudrait peut-être rendre à ce sport un minimum d’humanité. Parce que si «ça fait partie de la game», moi, je ne joue plus.
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Après lui avoir fait faire du piquet pendant quelques semaines, la direction de Radio-Canada a permis au survénérable Jacques Languirand de reprendre son micro pour une entreprendre la 41e saison de son émission de radio Par quatre chemins. De cette affaire, on retiendra deux choses.
Premièrement, qu’à 80 ans, Languirand est encore assez jeune pour qu’on ait envie de le corriger à la société d’État. Et ensuite, que si on lui avait concédé le podium ne serait-ce que cinq minutes lors du lancement de la programmation, on aurait évité cet épisode gênant tant pour le monsieur que pour la direction. Et maintenant, que les célébrations du 75e anniversaire commencent! C’est bien parti…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.