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Montréal

Les attachés de presse, dans l’ombre de leur chef

À la télé, à la radio, dans les journaux, on ne voit, depuis les dernières semaines, que les chefs des principaux partis municipaux. L’attaché de presse, lui, reste dans l’ombre, révise les discours, organise les rencontres, détermine chaque pas effectué par son candidat. Alors que la campagne tire à sa fin, Métro est allé à la rencontre des quatre personnes qui vont au front chaque matin pour leur chef, avec lesquels ils ont tissé des liens forts.

«Notre alliance a été naturelle» – Frédéric Lepage, attaché de presse de Mélanie Joly

«Mélanie Joly est une gestionnaire inspirante, mais c’est aussi une très bonne amie», lance d’emblée Frédéric Lepage, son attaché de presse depuis le printemps.

Celui qui a travaillé huit ans pour le Bloc Québécois, entre autres comme attaché de presse de Gilles Duceppe, a rencontré Mme Joly alors qu’elle était procureure à la Commission Gomery, en 2004. Les deux individus ont aussi travaillé ensemble à l’agence de communications Cohn & Wolf.

C’est sans surprise que M. Lepage a vu sa collègue faire le saut en politique. «Tout le monde pensait qu’elle irait rejoindre Justin Trudeau au fédéral, mais moi, je savais qu’elle pensait à la question municipale depuis des années», confie-t-il.

Il s’attendait moins, par contre, à devenir son bras droit. «Lorsque Mélanie a convaincu l’ex-chef du cabinet de M. Duceppe, François Leblanc, de devenir son chef de campagne, mon rôle comme attaché de presse s’est imposé», raconte-t-il.

La présente campagne est éprouvante, admet-il, «nous sommes une toute petite équipe, il faut tout faire». Gérer plus de 150 appels par jour, autant de courriels, les rencontres, les interviews, mais aussi les affiches et le placement publicitaire… les journées sont bien remplies. «Il faut aussi constamment savoir ce que font nos adversaires, et se préparer à leur répondre», conclut le stratège.

En rafale

«On se lance en politique par passion» – Catherine Maurice, attachée de presse de Richard Bergeron

Cela fait trois ans que Catherine Maurice passe ses journées aux côtés de Richard Bergeron. La femme, au début de la trentaine, s’est habituée au vieux routier de la politique municipale.

«M. Bergeron est une personne très agréable, il a un sens de l’humour hors pair», soutient-elle. Mais ce n’est pas pour la qualité des blagues qu’elle s’est alliée à lui, mais bien pour ses idéaux. «On ne se lance pas en politique pour notre portefeuille, on le fait lorsqu’on est convaincu des idées qu’on défend», ajoute-t-elle.

Avant d’atterrir sur la scène municipale, elle a été à Ottawa et à Québec. L’avocate de formation a fait ses débuts comme attachée de presse dans le gouvernement minoritaire de Paul Martin. Elle s’est ensuite retrouvée au Parti libéral du Québec, où elle a travaillé pour la ministre des Finances de l’époque, Monique Jérôme-Forget, puis pour Pierre Arcand, alors ministre des Relations internationales.

Contrairement au provincial, où les ministres comprennent les dossiers d’un point de vue général, le municipal requiert des connaissances techniques très poussées des élus, observe Mme Maurice.

M. Bergeron a une «connaissance incroyable» des enjeux, assure-t-elle, mais parfois «ça peut lui nuire». Elle s’explique: «Je dois toujours lui rappeler de ne pas se placer dans le rôle de l’analyste, mais bien dans celui de l’homme qui va diriger les destinées de Montréal».

En rafale

«Je lui apprends à avoir des réflexes politiques» – Christine Mitton, attachée de presse de Marcel Côté

Le parcours de Christine Mitton est inusité. Après 20 ans passées dans le monde des communications politiques, où elle a travaillé notamment avec Jacques Parizeau, Serge Ménard et Bernard Landry, elle s’est présentée pour le parti de Gérald Tremblay, en 2005, dans le district de DeLorimier, où elle a été battue par Richard Bergeron.

Il y a six ans, elle a dit adieu à la politique pour se dédier à la confection de cupcakes. Elle a fondé le magasin Petits Gâteaux, sur l’avenue Mont-Royal. Marcel Côté? Elle l’avait déjà croisé, mais le connaissait à peine avant cet été. C’est l’une de ses anciennes patronnes, Louise Harel, qui l’a convaincue de «sortir de sa zone de confort» et de reprendre du service.

Avec Marcel Côté, le défi est de taille, admet la stratège. Si elle reconnaît qu’il maîtrise en profondeur les dossiers municipaux, l’homme d’affaires cerne moins bien le fonctionnement de l’appareil médiatique.

«Il a un style très professoral, il est habitué aux longs exposés… maintenant il doit s’adapter au rythme des clips médiatiques», explique-t-elle. «C’est difficile, il n’a aucun filtre… mais ça fait son charme, il n’a pas la langue de bois», fait-elle valoir.

Dans cette campagne marquée par un grand nombre de débats, Mme Mitton trouve que l’image prend le dessus sur le contenu. «C’est dommage, car la politique, ça devrait être plus qu’une question de perception», lance-t-elle.

En rafale

«Je suis ici pour Montréal et pour Denis» – Isabelle Perreault, attachée de presse de Denis Coderre

«Je suis une Montréalaise, je veux que les choses changent et, surtout, je crois en Denis», lance Isabelle Perreault. Il n’y a aucun doute, elle est convaincue des qualités de son chef. «C’est l’homme de la situation», répète-t-elle.

Contrairement à Denis Coderre, qui a un grand bagage politique, Mme Perreault n’a pas été longtemps dans l’arène politique. Elle a travaillé pour le Parti libéral du Québec, il y a presque 20 ans. «Un court séjour», dit-elle, refusant d’en dire plus.

C’est plutôt dans l’industrie de l’assurance qu’elle est connue, où elle a été directrice des communications à la Chambre de l’assurance de dommages, et plus récemment, directrice générale d’un regroupement de cabinets de courtage.

Mme Perreault a rencontré «Denis» il y a 15 ans, et a rempli plusieurs mandats de communication pour lui.

Et comment c’est, être son bras droit? «Il faut suivre le rythme effréné des journées de 18 heures, dit-elle. Faire rentrer à l’agenda une douzaine de rencontres, entrecoupées de points de presse et d’entrevues médiatiques». Mais le jeu en vaut la chandelle. «Je travaille pour le prochain maire, après tout!» lance-t-elle, confiante.

En rafale

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