Montréal

Logement: la situation s’améliore à Montréal, mais…

Le nombre de ménages sans logement au 1er juillet était de six à Montréal, une situation meilleure qu’à Gatineau, où 19 ménages étaient alors sans logis. Mais le futur est incertain, clame le FRAPRU.

Signe que la situation s’est améliorée depuis la crise du logement du début des années 2000: il n’y a eu que 24 demandes d’aide à la recherche de logement à Montréal, contre 50 à Gatineau, 45 à Québec et 21 à Sherbrooke.

«En 2002, par exemple, plus de 1000 ménages avaient reçu une aide d’urgence au Québec. À Montréal, je me souviens de gens qui avaient été hébergés à la polyvalente Saint-Henri», a déclaré mercredi en conférence de presse, François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Ce dernier souligne qu’en 10 ans, près de 24 368 logements sociaux ont été construits dans des HLM ou des coopératives d’habitation au Québec. «Sans le logement social, dont le rôle a été déterminant, la situation serait tout autre, car il ne faut pas compter sur le secteur privé pour résoudre cette problématique», affirme M. Saillant, chiffres à l’appui.

Les organismes d’aide au logement ne crient pas victoire pour autant. «Il y a deux dangers qui pointent à l’horizon», souligne Marie-José Corriveau, organisatrice au FRAPRU. Elle cite d’abord la fin graduelle de la subvention au loyer offerte par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

«En 2014, 34 coopératives d’habitation vont perdre ces subventions aux loyers. En 2015 ce seront 88 coopératives qui seront concernées et ça finira par atteindre 85% du parc de logement social du Québec, s’inquiète Mme Corriveau. Pour 25% à 35% des ménages qui bénéficient de ces aides dans les coopératives, cela signifie que leur loyer va doubler ou tripler.»

Autre motif d’inquiétude, la révision des programmes entamée par le gouvernement Couillard, qui veut tendre rapidement vers le déficit zéro. «On craint pour la pérennité du programme Accès Logis», a ajouté Mme Corriveau.

Le FRAPRU publiera en septembre un dossier noir du logement au Québec et compte organiser plusieurs manifestations, dont un campement urbain, au printemps 2015.

Du côté de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), on convient que le marché locatif est en danger, mais la grille de lecture est toute autre. «C’est plutôt le vaste mouvement d’accession à la propriété qui a permis de libérer plus de logements locatifs privés», déclare Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ. Il craint que la hausse future des taux hypothécaires freine l’accès à la propriété, entraînant un regain d’intérêt pour la location et ainsi un retour vers une situation de pénurie de logements locatifs.

Selon la CORPIQ, le contrôle des loyers rend actuellement le marché de la location peu avantageux pour les propriétaires. Ces derniers peuvent être tentés de vendre leurs immeubles locatifs qui sont alors souvent transformés en condos, réduisant ainsi l’offre de logements.

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