L’été, après sa fermeture officielle à 23h, le parc du Mont-Royal continue de foisonner d’activité. Des groupes et des couples de jeunes y philosophent sur leurs amours, se regardent en silence, chantent autour d’un feu. Le réalisateur Jean-François Lesage a capté cette atmosphère nocturne dans son film Un amour d’été.
Jean-François Lesage a été étonné de la facilité avec laquelle il a pu entrer dans l’intimité de centaines de personnes, muni de sa caméra pendant un mois en août 2013. «Les Montréalais sont ouverts et généreux», en a-t-il conclu en entrevue avec Métro.
L’intrus leur disait qu’il tournait un film intitulé Un amour d’été, ils acceptaient de se faire filmer et ils prenaient quelques minutes pour être à l’aise. Leurs conversations reprenaient ensuite leur cours normal, sous la lentille attentive de M. Lesage.
«J’y ai trouvé de beaux moments. Des moments de rêverie, de tendresse, a raconté le cinéaste. Il était souvent question d’amour. C’est un sujet qui préoccupe et intéresse tout le monde.»
Complexe d’Œdipe, concept d’âmes sœurs, relations amour-haine, jalousie, tout y passe, entre les passages de ratons-laveurs et le ballet de lampes de poche.
«Les jeunes Montréalais y croient encore, à l’amour, mais ils ne se content pas d’histoires sur les complications qui y sont reliées», constate François Lesage.
«On souffre tellement pendant l’hiver que notre été est euphorique.» – Jean-François Lesage, cinéaste
Ce dernier a aussi réalisé à quel point la montagne est un lieu rassembleur. «Il y a une grande diversité culturelle, linguistique et sociale. C’est un endroit de vivre et laisser vivre. On s’y sent en sécurité, même à 4h du matin», a-t-il souligné.
Pendant un mois, les occupants n’ont été inquiétés qu’une fois par les policiers et invités à quitter le parc. «J’espère qu’il n’y aura pas plus de présence policière suite à mon film, a plaisanté le réalisateur. C’est une tolérance positive, parce qu’il n’y a pas grand chose de dangereux qui s’y passe.»
Le long métrage Un amour d’été est à l’affiche jusqu’au 9 juin à la Cinémathèque québécoise. Il est précédé du court métrage Métro de Nadine Gomez, qui présente un regard tendre et poétique sur le métro de Montréal.
