L’art pour éveiller les consciences. C’est ce que fera jusqu’à vendredi Peter Gibson, alias Roadsworth, en peignant dans la rue une œuvre pour amener les passants à porter attention à la crise des réfugiés.
Sur une petite rue croisant le boulevard Saint-Laurent, la rue Guilbault, dans le périmètre du festival Mural, des mains sembleront sortir de terre pour attraper une clôture de métal. Elles représentent les millions de personnes en quête d’une vie meilleure qui sont toujours exclus de notre société. Des migrants à qui l’accueil est refusé et qui sont confinés dans des camps ou des prisons, ou renvoyés dans leur pays d’origine.
«C’est une rue en retrait, un peu comme les réfugiés, qu’on met de côté», a souligné M. Gibson en entrevue avec Métro.
L’artiste montréalais, qui réalise chaque année plus d’une dizaine d’œuvres publiques ici et ailleurs dans le monde, apporte ainsi sa contribution à la campagne «Réfugiés : ce n’est pas un choix» de l’organisme Amnistie international, qui vise à sensibiliser le public à cette cause et à soutenir cette population marginalisée.
«La lutte se fait sur plusieurs plans. L’art en est un.» –Peter Gibson, alias Roadsworth
«Le pouvoir de l’art public est de nous rejoindre de façon inattendue, a expliqué Roadsworth. On est habitué d’avoir de l’information sur les réfugiés par les journaux, les courriels et les campagnes en ligne et on y est désensibilisé. On est plus ouvert à l’art.» Il espère que son œuvre provoquera la réflexion et le dialogue chez les passants.
M. Gibson se sent interpelé par cette cause depuis un bon moment déjà, sa femme étant une réfugiée politique iranienne. «Au Canada, tout le monde connaît quelqu’un qui est venu s’établir ici en raison des difficultés économiques, politiques et sociales du pays où il est né, a-t-il fait remarqué. C’est dans l’intérêt de tous de venir à l’aide des gens en difficulté.»
