Au-delà de 1400 pièces installées sur les pipelines de TransCanada sont concernées par un avis de sécurité émis en février par l’Office national de l’énergie (ONÉ), ont révélé Radio-Canada et Le Devoir dimanche.
Il s’agit de coudes et de raccords en acier, qui auraient été fabriqués avec des matériaux de qualité inférieure par deux entreprises: Canadoil Asia et Ezeflow. Ces pièces sont plus minces que ce qui est demandé par l’Association canadienne de normalisation.
C’est un raccord fabriqué par Ezeflow qui est à l’origine de la fuite d’un gazoduc survenue en 2013 à Buffalo Creek, en Alberta. Quelque 16,5 millions de mètres cubes de gaz naturel se sont échappés dans l’atmosphère à cause de cet incident, peut-on lire dans un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).
«L’Office sait que des tuyaux et raccords composés de matériaux dont les propriétés ne respectent pas les normes de l’Association canadienne de normalisation (ou d’autres normes) sont installés sur les pipelines relevant de lui», stipule l’avis publié par l’ONÉ, qui exhorte les exploitants de pipelines de lui transmettre un rapport détaillé des pièces à risque présentes dans leurs installations.
TransCanada a ainsi transmis à l’ONÉ l’inventaire complet des 1400 pièces non réglementaires qui se trouvent sur ses pipelines. Parmi celles-ci, une trentaine se trouvent sur un segment de gazoduc situé entre Saint-Polycarpe et Les Cèdres, dans le sud-ouest du Québec. Au moins cinq autres raccords sont sur un gazoduc du sud de l’Ontario qui serait converti en oléoduc dans le cadre du projet Énergie Est.
Le problème des raccords trop minces est connu depuis 2008. Cette année-là, l’organisme gouvernemental a ouvert une enquête sur des raccords et des canalisations potentiellement défectueux installés sur le pipeline Keystone. Près de 1200 pièces visées par l’avis de sécurité se trouvent dans cet oléoduc.
TransCanada a assuré pour sa part à Radio-Canada et au Devoir que tous les raccords mentionnés dans l’avis de sécurité ont été vérifiés.
La portion québécoise des audiences de l’ONÉ sur le projet Énergie Est débute lundi à Montréal.
