Le gouvernement Charest semble avoir cédé aux pressions du lobby de l’amiante; il a en effet annoncé la semaine dernière un prêt de 60 M$ pour la relance des activités de la mine Jeffrey, à Asbestos.
Ce faisant, le gouvernement Charest va à l’encontre de l’avis de la Société canadienne du cancer, des médecins de la Santé publique de l’Estrie, de l’Organisation mondiale de la santé, etc. Bref, toute organisation qui a étudié la question de l’utilisation de l’amiante de façon indépendante estime qu’il s’agit d’un produit beaucoup trop dangereux pour être utilisé de façon sécuritaire.
Même des syndicats comme la CSN et les TCA (Travailleurs canadiens de l’automobile) s’opposent à la relance de la filière de l’amiante. Ils plaident que l’amiante comporte trop de risques pour les travailleurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 125 millions de personnes dans le monde sont exposées à l’amiante sur leur lieu de travail. De plus, l’OMS estime que plus de 107 000 personnes par an meurent d’un cancer du poumon, d’un mésothéliome ou d’une asbestose résultant d’une exposition à l’amiante dans l’exercice de leur
profession.
Le Canada est le seul pays du monde à avoir refusé d’inscrire l’amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam (une convention de l’ONU qui se préoccupe des substances dangereuses).
Le plus odieux dans toute cette histoire, c’est que la relance de la mine vise spécifiquement le marché des pays en voie de développement. Donc, des pays bien moins équipés que nous le sommes pour faire face aux risques associés à l’amiante. Dans ces pays, les normes du travail sont inexistantes, ou encore, ne permettent pas de protéger les utilisateurs d’amiante.
Ici même, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) annonçait en mai dernier un investissement de 68 M$ pour nettoyer les écoles contenant de l’amiante. Il s’agit sensiblement du même montant que le gouvernement Charest octroie à la mine Jeffrey. Pendant ce temps, l’entreprise ne cesse de répéter qu’elle a pris toutes les mesures nécessaires pour une utilisation sécuritaire de l’amiante chrysotile…
