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Procès de deux ex-adjoints de Dalton McGuinty

Colin Perkel, La Presse canadienne

TORONTO — Le procès au criminel très attendu et politiquement délicat impliquant des allégations de destruction de documents dans le bureau du premier ministre de l’Ontario doit enfin s’ouvrir ce lundi avec une possible demande d’ajournement de la part de la défense.

L’avocat de l’un des deux anciens adjoints de l’ex-premier ministre ontarien Dalton McGuinty — tous les deux accusés de bris de confiance, de méfait et d’utilisation illégale d’un ordinateur — soutient que la requête s’explique par le fait que la défense n’a reçu que très récemment certaines informations transmises par la poursuite.

L’avocat Brian Gover, qui défend l’ancien chef de cabinet David Livingston, assure que son client veut aller de l’avant avec le procès, mais qu’ils doivent d’abord être bien préparés.

Les autorités ont déposé des accusations contre David Livingston et son adjointe, Laura Miller, en décembre 2015, en lien avec la destruction de courriels au sujet de la décision du gouvernement libéral ontarien d’annuler deux projets de construction de centrales au gaz naturel. Une décision qui avait été annoncée tout juste avant la campagne électorale provinciale de 2011.

Même si Dalton McGuinty et le Parti libéral ont réussi à obtenir leur réélection, la décision a entraîné une crise politique en raison des coûts de 1,1 milliards $ qu’on dû assumer les contribuables à la suite de l’annulation des projets.

Selon les documents déposés en cour, les accusés ont embauché le conjoint de Laura Miller, un spécialiste de l’informatique qui travaillent notamment pour le Parti libéral, pour nettoyer complètement une vingtaine de disques durs dans le bureau du premier ministre en 2013. Les deux accusés ont nié catégoriquement avoir commis tout geste répréhensible.

«Nous avons maintenu depuis le tout début que ces allégations sont sans fondement», a commenté l’avocat Brian Gover.

Les libéraux ont d’abord refusé de remettre à un comité d’élus les documents reliés à l’annulation des projets prévus à Oakville et à Mississauga. Ce qui a entraîné un vif débat qui a mené à la démission de Dalton McGuinty à titre de premier ministre en octobre 2012. Ce dernier n’a jamais été visé par l’enquête et les policiers ont déclaré qu’il avait offert sa collaboration.

Toutefois, il a continué d’endosser l’annulation des deux projets de centrales au gaz naturel tout en regrettant les coûts élevés de la décision.

Le procès devrait durer six semaines.

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