En tant que péquiste, l’ancien premier ministre Bernard Landry s’est dit déçu de la division des partis souverainistes. Il appelle donc à une alliance nationale pour la promotion de la cause. «Il faut constituer le plus rapidement possible une alliance nationale qui respectera les partis, ce n’est pas nécessaire de les abolir», a expliqué M. Landry lors d’une entrevue accordée à Métro.
«Dans ces conditions, on retrouve ceux qui appuient Françoise David, Pauline Marois et Jean-Martin Aussant, et ça nous porte à près de 50 % [de oui à un éventuel référendum]», a indiqué celui qui enseigne à l’École de gestion de l’Université du Québec à Montréal et à Polytechnique.
Cette alliance serait une organisation non partisane dont le but serait de promouvoir l’indépendance tout en faisant valoir que cette idée n’appartient ni à la droite ni à la gauche. «C’est une imposture que de dire que l’indépendance est de gauche, insiste-t-il. Une fois qu’elle sera faite, parfois on votera à gauche, parfois à droite. Il faut donc que cette idée soit martelée pour aller chercher tous les appuis et pour que le Québec soit représenté, le plus rapidement possible, aux Nations Unies.»à
Le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, a toutefois affirmé à Métro, dans une entrevue il y a quelques jours, qu’il n’était pas convaincu que la souveraineté était une priorité du PQ. «Ce qui m’a amené à quitter le PQ [en juin 2011], c’est la constatation de l’intérieur que la priorité du parti était de revenir au pouvoir et non de faire du Québec un pays, a-t-il dit. Le PQ est devenu une alternative de gestion provinciale au Parti libéral.»
M. Landry répond qu’il est impossible de faire un pays sans être d’abord au pouvoir. «Si on n’est pas au pouvoir, il n’y a pas de référendum», précise l’ancien premier ministre.
Quand on lui fait remarquer que le manque de clarté a semblé être le point faible de Mme Marois lors des débats, M. Landry défend la chef. «Elle dit qu’il y aura un référendum le plus rapidement possible, ou en temps opportun, c’est-à-dire lorsqu’elle aura la quasi-certitude de le gagner», poursuit-il.
Reste que les idées nuancées ne se défendent pas facilement. «On a choisi, avec René Lévesque, la voie strictement démocratique; elle est plus longue et complexe», reconnaît M. Landry.
Belles-mères: Landry s’explique
Les anciens premiers ministres qui interviennent publiquement au cours des campagnes électorales reçoivent parfois l’étiquette de belles-mères. «On est la seule civilisation occidentale à employer cette expression pour parler de gens qui ont servi leur pays pendant des années et qui donnent leur opinion aujourd’hui, déplore M. Landry. J’ai passé 40 ans de ma vie à suivre le Québec d’heure en heure, pourquoi je me tairais? Ce n’est même pas un droit, c’est un devoir», ajoute-t-il.
