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Jean-Martin Aussant: la cause avant le parti

Le chef du parti Option nationale, Jean-Martin Aussant, souffre d’un manque de visibilité dans cette campagne électorale, mais reste persuadé que les Québécois ont envie d’entendre parler de souveraineté. Rencontre avec un électron libre.

Il y a maintenant trois partis souverainistes. Cette division n’est-elle pas contre-productive?
Le vote souverainiste était déjà divisé par manque de clarté du message souverainiste. Option nationale ne divise pas le vote, mais le clarifie et concrétise le vote souverainiste. Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) sont pour moi des «peut-être» et non pas des «oui». Et c’est arrogant de la part de certains partis de prétendre que toute nouvelle idée divise leur vote, comme si ce vote était acquis de droit divin.

En quoi êtes-vous différent du PQ et de QS?
On est clair. Sur le plan des ressources naturelles, le PQ s’est enfermé dans un débat de redevances. Nous, on veut les nationaliser. Sur la question des frais de scolarité, le PQ a pris position pour une indexation à l’inflation. Nous, on veut expliquer aux gens que la gratuité scolaire, c’est la meilleure chose à faire. Quant à QS, il est généralement plus à gauche et moins souverainiste qu’Option nationale.

Une alliance avec les autres partis souverainistes est-elle possible?
Il n’y a pas de canal de discussion ouvert avec le PQ. Il y a eu récemment quelques tentatives de discussion à savoir si on devait faire un front uni. Option nationale était ouvert à discuter de la chose, mais le PQ a fermé la porte rapidement. Le PQ se plaint le plus que le vote sera divisé, alors que lui-même ne veut pas discuter de front uni […] il enferme la population et force les gens à voter stratégique, et c’est absolument anti-démocratique.

Quel est le moins grave des maux, un gouvernement péquiste ou libéral?
Pour la cause souverainiste, c’est néfaste qu’un gouvernement qui se dit souverainiste soit au pouvoir pendant une dizaine d’années sans faire la souveraineté. Mais je n’ai jamais souhaité la réélection du PLQ. Et je déteste que des partisans péquistes tentent de convaincre les gens que je veux que les libéraux soient réélus. C’est de la vieille et sale politique dont il faut se sortir.

Y a-t-il des enjeux qui, selon vous, n’ont pas été suffisamment abordés dans cette campagne?
L’éducation a été absente des débats des chefs, alors que ç’a été le printemps le plus chaud qu’on ait connu de notre histoire. C’est absolument ridicule. La question nationale n’a pas été assez discutée. Tout ce qu’on a vu au débat, c’est que l’un accusait l’autre d’être souverainiste ou fédéraliste sans jamais dire pourquoi il fallait être l’un ou l’autre.

Vous n’avez pas participé au débat des chefs et souffrez d’un certain manque de visibilité. En quoi cela affecte-t-il votre campagne?
Notre principal défi est de nous faire connaître. Et le débat aurait été l’instrument ultime. Ça retarde nos avancées. Comme vous avez vu, Françoise David a grandement bénéficié de sa présence au débat parce qu’elle a pu rejoindre des gens qui s’intéressent à QS sans le savoir.
Si j’avais été au débat, il y a peut-être des milliers de Qué­bécois qui pensent comme Option nationale et qui auraient découvert que c’est notre parti qui les représente le mieux.

Que ferez-vous après le 4 septembre si vous n’êtes pas élu?
Je continue. René Lévesque s’y est pris à trois fois pour être élu dans son comté. S’il s’était découragé la première fois, on n’aurait jamais connu son gouvernement de 1976, qui a sans doute été le plus grand gouvernement de notre histoire récente.

Option nationale est là pour rester?
Oui, jusqu’à ce qu’il se passe peut-être un jour quelque chose. Dans nos statuts, et j’en suis fier, on est le seul parti à se forcer à mettre la cause avant les intérêts du parti. On dit dans notre plateforme que si un jour un parti, quel qu’il soit, dit la même chose que nous, on collaborera avec lui. Ça peut vouloir dire plein de choses, dont une fusion.

Qu’est-ce que vous aimez le moins en campagne électorale? La désinformation.

Un candidat d’un autre parti que vous admirez? Il y en a plusieurs. J’aime beaucoup Jean-François Lisée, c’est une très belle plume au Québec, mais il y a plusieurs de ses déclarations avec lesquelles je ne suis pas d’accord.

Si vous ne faisiez pas de politique, que feriez-vous? Je viens de l’économie et de la finance, mais ma passion est la musique. Si je pouvais choisir demain matin ce que je ferais après la politique, ce serait sans aucun doute de la musique.

Quel est le meilleur coup du dernier gouvernement? D’avoir appelé des élections.

Quel est le pire coup du dernier gouvernement? D’avoir été élu.

La première chose qui vous vient en tête lorsque vous entendez ces mots :
Jean Charest? Intérêt particulier.
Casseroles? Peuple.
Plan Nord? Mal conçu.
Scrutin proportionnel? Nécessité.
Jacques Duchesneau? Politicien.

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