Pendant que la famille de Denis Blanchette lui faisait un dernier adieu, quelque 300 personnes s’étaient rassemblées pour exprimer, chacune à sa façon, leur solidarité.
Dans la foule, quelques drapeaux du Québec et des patriotes flottaient au vent. Une femme portait une gerbe de fleurs de lys, et certains arboraient le carré rouge, dont l’artiste Armand Vaillancourt.
Mais d’autres badauds, simplement vêtus de noir, restaient silencieux. La foule était aussi composée de voisins et de curieux qui s’étaient arrêtés au passage du cortège. La foule, massée de chaque côté de l’église, était maintenue à distance par des cordons de sécurité et plusieurs policiers.
Aux yeux de Pierre Goulet, porteur d’un drapeau d’au moins 2 m par 2 m, il ne faisait aucun doute que cette journée revêtait un caractère politique. L’homme de 66 ans était également présent au Métropolis lors de l’attentat qui a coûté la vie au technicien Denis Blanchette, le soir des élections.
L’arrivée de la future première ministre Pauline Marois, qui assistait aux obsèques, s’est faite sous les applaudissements. Pendant la cérémonie, alors que des haut-parleurs retransmettaient à l’extérieur les paroles du prêtre officiant, de petits groupes discutaient tout bas de politique.
Rappelons que Richard Henry Bain, accusé du meurtre de M. Blanchette, avait été filmé au cours de son arrestation alors qu’on l’entendait crier : «Les Anglais se réveillent.»
Parmi la foule se trouvaient Manon Massé et François Saillant, candidats défaits de Québec solidaire dans deux circonscriptions montréalaises.
«Je suis ici par solidarité, beaucoup de gens ont été touchés», a affirmé Mme Massé à Métro. «C’est d’abord un événement humain», a ajouté M. Saillant. Ce dernier a aussi précisé qu’une réflexion en ce qui concerne l’attentat devait s’avoir lieu, mais que pour l’heure, cette journée de deuil devait être consacrée au recueillement.
