National

Dans la main de Plume

Sylvain Ménard

La première fois que j’ai vu Plume Latraverse en spectacle, c’était à l’Outremont, en février 1977. Si ma mémoire est bonne, en guise de numéro d’ouverture, son batteur avait traversé la scène avec une canne blanche en feignant d’être un non-voyant. Petit détail: le gars qui s’était prêté à ce défilé surréaliste était flambant nu. Autre temps…

Je suis retourné voir Plume l’autre soir à la Cinquième salle de la PDA. Faute de volontaire, nous avons été privés de parade à poil. À la place, le guitariste est monté sur scène avec son majeur dûment catiné à la suite d’un fâcheux accident. Dans l’univers de Plume, les choses sont souvent imparfaites, faut croire.

En fait, dans ce monde tordu, il n’y a que Plume lui-même qui est parfait. Les textes toujours fabuleusement bien écrits, l’humour déplacé qui ne rate pourtant jamais la cible, la réplique cruelle toujours prête pour celui qui s’avisera de manifester sa présence un peu trop fort dans la salle, Plume est unique en son genre. Souvent imité mais jamais égalé, comme ils le disent…

Je disais donc que Plume est parfait. Et, contrairement à ses jeunes collègues montrés en gros plan au Gala de l’Adisq l’autre soir, il ne joue pas au rebelle pour se donner un genre, il l’est. Viscéralement. Sans jamais être obligé de rappeler ni de souligner sa marginalité. C’est ça, être parfait. Quand on s’impose sans pavaner parce que tout va de soi.

C’est ça, être parfait. Quand on s’impose sans pavaner parce que tout va de soi.

Mercredi dernier, plus le spectacle avançait, plus l’oncle PluPlu devait masser sa main gauche entre les chansons. Arthrite, arthrose ou simple vengeance de Jésus pour avoir blasphémé aussi souvent, allez donc savoir… Dans une salle où l’on retrouvait plus de sel que de poivre, à peu près tout le monde s’est reconnu. La patte de Plume, le mal de dos de l’un et les genoux en compote de l’autre nous ont rappelé que le vieillissement était une réalité à partager.

À l’entracte l’autre soir, on a fait patiemment la file au bar pour aller faire le plein. On ne nous refera pas. Et dans la main endolorie de Plume, il y avait un peu de nous, je crois bien. Nous avons vieilli, mais juste un peu.

(Plume sera de retour sur scène au Théâtre Maisonneuve le 8 avril prochain) 


Retour sur la soirée de l’Adisq 


CH

Même s’ils jouent à peine au-dessus de la barre des .500, les gars du CH sont plutôt trippants à voir aller. Et Drouin semble enfin toucher à son X du bout des pieds. Continuons à l’aimer et à lui faire savoir chaque fois qu’il sera nommé parmi les trois étoiles, c’est juste ça qu’il attendait pour se mettre en marche : être aimé.  


Même si je débarque une semaine plus tard, voici quelques réflexions sur le dernier scrutin fédéral…

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