Il fut un temps où les courses à la chefferie des partis politiques se jouaient en coulisse et aboutissaient à un couronnement télévisé au terme d’un congrès de deux jours. Habituellement, les candidats battus montaient sur l’estrade et allaient lever les bras du grand gagnant pour offrir une belle image d’unité. Que le portrait ait été vrai ou complètement phony, on s’en foutait pas mal, le reste demeurait de la régie interne pour le parti. Ces jours-ci, en regardant les courses qui se déroulent pour le leadership des libéraux, au provincial comme au fédéral, je sais que les choses ne se passeront pas ainsi au final. Les perdants ne félicitent jamais le gagnant d’un derby de démolition.
On peut bien rire du PQ et de ses belles-mères qui reviennent de temps en temps lui gruger le gros nonosse. Les libéraux, avec leurs ridicules empoignades de beaux-frères en chicane, sont en train de mettre au point une nouvelle technique de suicide collectif.
Les longs marathons qu’on impose désormais aux candidats à la chefferie des différents partis les poussent bien plus à agir en goons pour se démarquer qu’à aller au fond de leurs programmes politiques. Quand Marc Garneau – subitement passé dans le camp des agressifs – essaie de planter Justin Trudeau sur son CV et sur ses capacités de diriger le pays, je me demande s’il sait à quel point il se tire dans le pied et dans le pied de tous les membres de sa formation? En passant, avant de penser à diriger le pays, ces messieurs devraient peut-être se contenter de diriger un parti qui ne s’est toujours pas remis de l’ouragan Gomery. J’dis ça comme ça… Et que dire de Justin-le-malhabile lui-même et de l’indécente présentation de son bilan financier alors que personne ne lui avait rien demandé? Moi, quand quelqu’un se défend avant d’être accusé, je trouve toujours ça louche…
Les libéraux provinciaux ne sont guère mieux. Plutôt que de s’appliquer à recoller les morceaux du vase qu’ils ont tristement échappé lors du printemps érable, leurs trois candidats se font des procès pour haute trahison. Un beau message est ainsi envoyé aux électeurs : sachez que, parmi les étoiles du parti, il y a des girouettes dont le niveau de fidélité est variable. La belle patente…
Ils sont beaux, nos prétendants au trône. Et divertissants comme tout…
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J’ai assisté à la première montréalaise de Louis-José Houde la semaine dernière. Le bonheur pur. L’art de faire rigoler un auditoire de tous âges avec un beau mix d’autodérision, d’incongruités et de travers de société. Sans provocation gratuite, sans écorcher personne avec le seul désir de faire mal et sans numéro snif-snif-touchant à la fin de la soirée pour se racheter. Non, rien de tout cela. Seulement que du gros fun qui fait rire. Louis-José Houde est le meilleur humoriste au Québec.
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Tout ne se dit pas comme ça s’écrit. Prenez par exemple le gardien numéro 2 des Canadiens. Il s’appelle Budaj. Peter Budaj. Il est Slovaque. On doit donc prononcer «bout d’ail». Pas «boudage». C’est bête, mais c’est comme ça. C’est comme Tremblay. Même avec un «y» à la fin, on doit prononcer «tremblé» et non pas «tremblaille». Pour certains, ça a l’air bien compliqué à comprendre…
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Samedi, Brendan
Gallagher (5 pi 9 po et
178 lb) a subi une commotion cérébrale après avoir été
plaqué en toute légalité par
le défenseur Luke Schenn
(6 pi 2 po et 229 lb). Avec
51 lb de différence, même la légalité est dangereuse. Un jour, elle sera mortelle. On le répète : les règlements
du hockey sont désuets.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.