TORONTO – Des citoyens demandent à ce qu’une enquête soit menée afin de comprendre pourquoi le ministère du Travail de l’Ontario n’a pas réussi à prévenir l’effondrement du centre commercial d’Elliot Lake.
Le Comité d’action du centre commercial d’Elliot Lake a formulé cette demande à la suite du témoignage d’une haute fonctionnaire du ministère du Travail, qui a déclaré devant une commission d’enquête que les employés de son ministère avaient agi adéquatement dans ce dossier.
Selon John Pomerleau, président du Comité d’action, tous les intervenants ont fait l’objet d’une enquête du ministère, sauf le ministère lui-même.
Lors de son témoignage, la semaine dernière, la sous-ministre adjointe Sophie Dennis a soutenu que son ministère n’était aucunement responsable de la tragédie qui a coûté la vie à Lucy Aylwin, âgée de 37 ans, et Doloris Perizzolo, âgée de 74 ans, en plus de faire des dizaines de blessés.
Mme Dennis a déclaré que ce sont les employeurs, les superviseurs et les employés eux-mêmes qui étaient responsables de la sécurité du bâtiment. Selon elle, le ministère n’avait qu’un rôle de surveillance, et c’est pour cette raison qu’aucun fonctionnaire n’a été blâmé à la suite de l’effondrement du centre commercial Algo.
Doug Elliot, qui représente le Comité d’action, a qualifié d’inacceptables les propos de la sous-ministre adjointe. Il accuse Mme Dennis de tenter de blanchir le ministère du Travail dans ce dossier.
Le comité souhaite que le ministre ontarien du Travail, Yasir Naqvi, demande à des inspecteurs fédéraux de santé et sécurité du travail d’enquêter sur le rôle de son ministère, et de recommander de porter des accusations s’il y a lieu.
Le ministre Naqvi a déclaré à l’Assemblée législative qu’il n’en sentait pas le besoin parce que l’actuelle commission d’enquête a déjà le mandat d’examiner les actions gouvernementales.
Les audiences de la commission d’enquête ont permis d’apprendre que le ministère du Travail a lui-même occupé un bureau dans le centre commercial Algo pendant entre 1985 et 1995, mais que rien n’a été fait pour que les problèmes d’infiltration d’eau soient réglés.
Avant l’effondrement survenu le 23 juin 2012, le ministère avait reçu pas moins de 30 plaintes concernant des violations des normes de santé et sécurité, mais n’a jamais émis une seule ordonnance pour que soit réparé le toit en mauvais état.