Le gouvernement investit 1 G$ supplémentaires sur dix ans pour le maintien des infrastructures municipales d’eau, annoncent conjointement le ministre des Finances et le ministre des Affaires municipales. La mesure fait partie d’une nouvelle stratégie présentée en marge des États généraux sur le financement des infrastructures.
Le milliard de dollars supplémentaires servira au maintien des infrastructures d’eau jugées prioritaires. Cet investissement vise à appuyer les municipalités qui font face à des besoins importants de réfection et de modernisation de leurs réseaux. À Montréal, la population doit d’ailleurs diminuer sa consommation d’eau à cause de travaux d’urgence sur une conduite d’eau principale. Des travaux étaient déjà planifiés sur deux autres conduites principales, limitant les capacités de distribution de la Ville.
Sans parler des nombreux bris qui ont marqué les esprits, comme le geyser qui a inondé le Centre-Sud en août 2024.
Les modalités associées à cet investissement seront précisées prochainement.
«L’eau potable est une priorité essentielle pour les villes et villages du Québec. Cette annonce permettra de soutenir divers projets partout au Québec, et ce, dans un avenir rapproché», a déclaré le ministre Poulin.
La capacité d’investissement du Québec a été augmentée dernièrement grâce à la conclusion d’une série d’ententes avec le gouvernement fédéral. Ces ententes enverront pratiquement 10 G$ dans les coffres du Québec. De cette somme, 2,7 G$ sont prévus pour les infrastructures liées au logement et à l’enseignement, y compris les infrastructures production et distribution d’eau potable.
Une nouvelle stratégie en trois axes
Les nouveaux investissements font partie d’une stratégie présentée par le ministre des Finances, Eric Girard, pour résorber le déficit de maintien des infrastructures du Québec. Cette stratégie repose repose sur trois axes complémentaires. Le premier, mesurer, vise à améliorer la qualité des données provenant des ministères et organismes afin de mieux évaluer l’état réel des infrastructures publiques, tout en assurant un suivi rigoureux de l’utilisation des sommes consacrées au maintien du parc.
Le deuxième axe, renforcer, prévoit la fixation d’objectifs clairs de réduction du déficit de maintien d’actifs pour chacun des secteurs d’intervention. En vue du prochain Plan québécois des infrastructures (PQI), chaque secteur devra convenir d’un objectif et d’un plan de résorption de ce déficit.
Le troisième axe, prioriser, implique d’accorder une priorité accrue au maintien des actifs existants afin de freiner la détérioration du parc d’infrastructures. Cette approche nécessitera de limiter l’ajout de nouveaux projets pour concentrer les ressources là où les besoins sont les plus pressants.
Grâce à cette démarche, le gouvernement vise à ramener le ratio du déficit de maintien d’actifs sur la valeur de remplacement des actifs entre 6% et 7% d’ici 2036, comparativement à un niveau avoisinant 10% depuis 2018.
Des investissements en hausse depuis six ans
Le gouvernement souligne que la stratégie d’augmentation progressive des investissements en maintien du parc a déjà permis de relever le niveau d’investissements de 32,3 milliards de dollars depuis six ans. Ces investissements sont ainsi passés de 73,5 milliards de dollars au PQI 2021-2031 à 105,8 milliards de dollars au PQI 2026-2036.
Malgré cette hausse importante, le gouvernement Fréchette estime que l’amélioration durable de l’état des infrastructures publiques nécessite également une évolution des façons de faire. Pour atteindre les objectifs fixés, différents leviers financiers autres que l’augmentation du PQI devront être employés au cours des prochaines années. Le gouvernement maintient aussi son objectif du retour à l’équilibre budgétaire au plus tard en 2029-2030.
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