Le juge à la retraite et ex-commissaire de la Commission canadienne d’enquête sur le programme des commandites, John H. Gomery, est désormais président du Conseil de presse du Québec. Métro l’a contacté afin de parler de ses nouvelles fonctions.
Pourquoi avez-vous accepté de présider le Conseil de presse du Québec?
D’abord parce qu’on m’a invité à poser ma candidature, mais surtout parce que j’ai toujours eu la conviction que la profession journalistique est extrêmement importante dans notre société. C’est un moyen de diffuser l’information. J’ai toujours pensé que la presse est une garantie de notre démocratie. Sans [elle], les citoyens n’auraient pas les informations dont ils ont besoin pour bien comprendre ce qu’il se passe dans la société.
Avez-vous des projets en tête à titre de président?
Lorsqu’on m’a sollicité pour ce poste, on m’a fait savoir qu’il y a certaines préoccupations. Le Conseil de presse est dans une période de transition, dans le sens que quelques-uns de ses membres se sont retirés. Il y a aussi des problèmes financiers. Cependant, le mandat le plus important du Conseil de presse est d’agir comme tribunal d’honneur pour juger les plaintes déposées. C’est un travail qui est fait, mais il y a des procédures qui ont besoin d’être améliorées.
Y a-t-il des problèmes auxquels vous voulez vous attaquer?
S’il y a moins de journaux, il y aura moins de postes ouverts aux journalistes. Personnellement, je suis un grand consommateur des mots écrits. Je ne suis pas quelqu’un qui se tourne vers un ordinateur pour avoir des informations. Je pense qu’e cela je représente une bonne proportion de la population. C’est vrai que le nombre de lecteurs des journaux diminue ; ça affecte la rentabilité des journaux et la vie des journalistes. C’est une profession qui est en transition. On ne sait pas trop comment ça va finir. Toutefois, je suis convaincu que la profession de journaliste va survivre parce qu’elle est importante.
Quel rapport entretenez-vous avec les médias?
J’ai été écorché à quelques reprises dans des reportages. Pas nécessairement de façon injuste, mais j’ai quand même été brûlé. J’ai acquis une certaine réserve dans ce que je veux dire aux journalistes. En général, j’ai un très grand respect pour le travail qui est fait. Les reportages sont fidèles, bien faits et respectent les grands principes de la profession. Je crois qu’on est très favorisé ici. Nos journalistes sont d’une très bonne qualité.
Travailler au sein d’un tribunal d’honneur comme le Conseil de presse du Québec, est-ce une façon de boucler la boucle?
J’ai acquis une certaine expérience sur la façon de traiter une plainte et de rendre la procédure efficace. Je pense que je peux offrir au Conseil le fruit de cette expérience. Ma carrière va se terminer un jour, bien sûr, mais je ne l’envisage pas pour le moment.