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Taux de suicide au Québec: En baisse, mais encore parmi les plus élevés

Alors que le coup d’envoi de la 20e Semai­ne nationale de prévention du suicide a été donné dimanche, le bilan relatif au taux de suicide en 2008 au Québec suggère que la province est sur la bonne voie dans sa lutte contre ce fléau, mais a qu’elle a encore beaucoup de chemin à faire.

Les données les plus ré­centes de l’Institut national de santé publique du Qué­bec (INSPQ) indiquent que 1 103 personnes se sont enlevé la vie par suicide au Québec en 2008, soit environ 3 suicides par jour. Bien qu’élevé, ce nombre représente une amélioration par rapport aux  années antérieures et reflète la diminution moyenne de 4 % par année répertoriée depuis
10 ans. La baisse du taux de suicide la plus marquée est notée chez les jeunes, alors que les adultes de 35 à 40 ans constituent le groupe le plus à risque.

Selon Bruno Marchand, directeur général de l’Asso­ciation québécoise de prévention du suicide (AQPS), on doit ces améliorations, entre autres, au travail de conscientisation qui a été fait. «Il y a 20 ans, on osait à peine prononcer le mot suicide», rappelle-t-il en point de presse.

Le plus de suicides au monde
La province demeure néanmoins celle où a été enregistré le plus de suicides au pays et figure toujours parmi les populations présentant les plus hauts taux de suicide au monde. Le Québec figure en effet au 4e rang (sur 21) des populations de l’OCDE ayant le plus haut taux de suicide (13,8 décès pour 100 000 personnes), venant tout de suite après la Suisse (14). Le Canada obtient une bien meilleure note (10,2), se classant au 13e rang. C’est la Grèce qui obtient la palme du taux de suicide le plus bas (2,6).

Julie Campbell, présidente de l’AQPS, a fait valoir que la situation du Québec attribuable à divers éléments. «Le fait que les Québécois soient en général moins religieux que le reste des Canadiens peut être une explication, la religion agissant comme un facteur de protection contre le suicide, a-t-elle expliqué. Les problèmes d’identité du Québec peuvent aussi influer, comme l’individualisme, le fait qu’on ait peu d’enfants, qu’on travaille beaucoup et qu’on ait peu d’endroits communs, comme l’église auparavant, pour se retrouver.»

Et selon Bruno Marchand, la situation du Québec ne pourra s’améliorer tant que «le suicide restera une option» dans la tête des gens. «Le suicide est entré dans nos maisons et nous l’avons laissé faire. Il est temps de renverser la tendance», affir­me-t-il, invitant les citoyens à ajouter leur nom à ceux des 4 200 signataires de la Déclaration Ajouter ma voix, outil de lutte contre le suicide.

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