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Le test de Kam-Témis

Imaginez que les libéraux remportent l’élection de lundi dans le comté de Kamouraska-Témiscouata… Pour Jean Charest, cela aurait pour effet de lui refaire une couche de téflon grandement endommagée au cours des 19 derniers mois. Il pourra relever la tête et affirmer sans broncher que son gouvernement est bien en selle.

Cette élection est donc lourde de sens. Ce sera un test important pour tous les chefs de partis politiques au Québec. L’interprétation des résultats pourrait changer l’environnement politique.

Aux dires même d’un ténor de sa formation politique, Pierre Curzi, il s’agit d’un test pour Pauline Marois. Depuis plusieurs semaines, on se questionne au regard des sondages sur la capacité de Mme Marois à canaliser l’insatisfaction qui règne quant au gouvernement actuel. Un verdict négatif remettrait en question sa place sur l’échiquier. Pour Gerard Deltell de l’ADQ, c’est l’occasion de démontrer que son parti peut renaitre sous sa gouverne. Pour Amir Khadir et Québec solidaire, c’est l’occasion de démontrer qu’il est possible de percer hors du Plateau.

L’humeur des électeurs de Kam-Témis sera interprétée de maintes façons. Ils se prononcent dans un climat fort particulier avec un mélange d’enjeux généraux qui touchent la population du Québec dans son ensemble et d’enjeux régionaux qui les interpellent directement. Pour gagner, le gouvernement libéral aura joué gros : il sera allé jusqu’à remettre en question la légitimité du Directeur général des élections pour consolider ses appuis.

La refonte de la carte électorale qui prévoyait la disparition du comté a été mise en veilleuse afin de rassurer les gens du Bas-Saint-Laurent. L’attribution de la construction des voitures du métro de Montréal à Bombardier de La Pocatière aura sûrement aussi un effet bénéfique pour les libéraux. La création et le maintien d’emplois locaux sont toujours de bon augure, particulièrement dans un contexte économique précaire. Il ne faut pas non plus négliger l’attachement des habitants de ce coin de pays pour leur défunt député. Décédé dans la force de l’âge, Claude Béchard a été un fier ambassadeur et a su donner de la fierté aux gens.

Les quelque 200 000 Québécois qui ont signé la pétition en ligne demandant la démission du premier ministre et la forte proportion de la population qui, à travers les sondages, demande une commission d’enquête ou n’a plus confiance au gouvernement aimeraient bien avoir la chance des citoyens de ce comté. Ne serait-ce que pour cette raison, espérons que les électeurs de Kam-Témis voteront en grand nombre lundi.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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