Quatre ans après avoir été lancé et des centaines de millions de dollars plus tard, le Dossier Santé Québec (DSQ), le projet québécois d’informatisation des dossiers médicaux, traîne en longueur. Déçue par le peu de progrès accompli, l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) a pressé le gouvernement à se doter d’un plan d’action qui permettrait une intégration efficace dans l’ensemble du réseau de la santé.
«Il faut qu’on se branche, a déclaré mercredi, à Métro, la directrice générale de l’AQESSS, Lise Denis. Il faut qu’on s’informatise, mais il faut aussi qu’on s’entende sur des orientations claires, sur un plan de match, sur un échéancier et sur du soutient. En ce moment, il n’y a pas de plan d’ensemble, on n’a donc pas une idée claire d’où on s’en va. Ça rend les choses très difficiles.»
Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le DSQ ne devrait être complété qu’en 2015. Il était pourtant attendu d’ici la fin de 2010. Les coûts, comme les délais, ont gonflé depuis le lancement du projet, passant de 562 M$ à plus de 800 M$. «Plus on attend, plus le dossier se complexifie, entre autre parce que la technologie change, a rappelé Mme Denis. Pour le moment, on est prêt pour les [transmissions électroniques des] radiographies. On devrait aussi être prêt pour les examens de laboratoire et les médicaments, mais on n’a rien vu de ça encore.»
Le DSQ est en expérimentation depuis plus d’un an et demi, selon Lise Denis. Aucun échéancier n’a encore été fixé pour la fin de l’implantation. La directrice générale de l’AQESSS demeure cependant convaincue que l’informatisation des dossiers de santé deviendra réalité. «Je pense que nous n’avons pas le choix d’aller de l’avant, a-t-elle affirmé. Ceux qui arrivent sur le marché du travail veulent avoir accès à ces outils.»
Le Dossier Santé Québec doit permettre, à terme, une circulation plus rapide et plus efficace des informations médicales des patients entre les établissements de santé et les pharmacies, tout en diminuant le risque d’erreurs, notamment au niveau de la médication.